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SES IDEES

 

 

LE CHIEN DE TRAINEAU.

 " Les critiques qui me reprochent de parler argot. Pas argot du tout ! Un langage à part, qui me convient, et que je fabrique à la maison, comme les gâteaux de mère-grand. Tout le monde a voulu m'imiter, de ce côté-là ; personne n'y a réussi. C'est que les analystes et commentateurs partent d'un mauvais pied. Ils me prennent pour un primitif, pour un gauche, pour un fruste. Or, je suis un raffiné, un aristocrate... Vous rigolez ? "

  (Pas le moins du monde, notez bien ! J'écoute, sérieux, comme un pape.)

- Le chien de tête... Savez-vous ce que c'est, le chien de tête ?... Les traîneaux dont se servent les esquimaux et les explorateurs polaires sont traînés par des attelages de chiens indigènes. Tous les chiens, sauf un, n'ont qu'à tirer. Mais le premier, c'est autre chose : il est là pour flairer l'obstacle, ou le trou ; qu'il s'en présente un, le chien de tête avertit les chiens de trait, qui donnent un coup de frein...

 En 1939-1940, j'ai joué en France le rôle de l'avertisseur subtil, qui ne voit pas le danger, mais qui le sent, à bonne distance, avant tout le monde, et qui signale : " Arrêtez ! " Quand les chiens de trait n'écoutent pas le chien de tête, le traîneau va dans le trou. C'est ce qui est arrivé il y a dix-huit ans. J'ai flairé juste. Personne n'est étonné moins que moi, des résultats de l'affaire. Mon seul étonnement, c'est d'être puni et malheureux pour avoir flairé juste.
 (Robert Poulet, Mon ami Bardamu, Entretiens familiers avec L.F.C., Plon, 1971, p.82).