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LE CINEMA

 

 

 

 

 
        CELINE AU CINEMA.

  Louis-Ferdinand Céline appréciait surtout le cinéma muet. Cela datait de l'époque où sa grand-mère, Céline Guillou, l'emmenait voir Le Voyage dans la lune de Méliés. Il révérait aussi Max Linder, Buster Keaton et Chaplin (celui d'avant le cinéma parlant). Plus tard, il fréquenta le milieu du cinéma au point de faire une figuration dans le film de Jacques Deval, Tovaritch (1935), tiré de sa pièce éponyme. Il fut également l'ami d'Abel Gance qui tenta vainement d'adapter Voyage au bout de la nuit.
  L'auteur de Bagatelles pour un massacre polémiqua ensuite avec Jean Renoir dont il détesta La Grande Illusion ainsi que, d'une manière générale, le " progressisme bêtifiant que l'on retrouve dans les films français des années trente " (Gripari).
  C'est aussi dans ce pamphlet que l'on trouve un portrait féroce, " avant la lettre ", de Harvey Weinstein lorsque Céline épingle un producteur de " Hollywood la juive ". Lui-même essaya pourtant en Amérique de faire adapter son premier roman sur le grand écran. Mais à ce jour aucun film n'a été réalisé à partir de son œuvre romanesque.

  De SERGIO LEONE à PIALAT, en PASSANT par MAURICE RONET.

  Dans sa biographie de Madame Céline (Taillandier), David Alliot consacre un chapitre entier aux nombreux projets qui, tous, avortèrent. L'un des plus fameux fut celui de Michel Audiard qui rêva longtemps d'adapter Voyage avec Fellini comme metteur en scène et Belmondo dans le rôle de Bardamu. Mais tout le monde se cassa les dents sur les différents projets, de Sergio Leone (qui voulait également adapter ce roman) à Pialat (Mort à crédit) en passant par Maurice Ronet (Semmelweis) ou Jean-François Stévenin (Nord). Le dernier projet en date fut celui de François Dupeyron qui, en 2001, prit une option sur l'adaptation de Voyage au bout de la nuit.

 Si aucun roman de Céline n'a été porté à l'écran, sa présence n'en est pas moins perceptible. Bertrand Tavernier s'est manifestement inspiré de l'épisode africain de Voyage pour Coup de torchon (1981). Et dans La Femme flic d'Yves Boisset, sorti l'année précédente, François Simon incarne un " docteur Godiveau " qui rappelle furieusement le docteur Destouches de Meudon. Ce comédien était le fils de Michel Simon, grand admirateur de Céline. Avec Pierre Brasseur et Arletty, il fut l'un des premiers à lire des extraits des premiers romans pour l'édition discographique.

  Et n'ayons garde d'oublier Robert Le Vigan, l'un des personnages de la trilogie allemande, qui, à la fin de sa vie, lut des extraits de Nord et de la correspondance qu'il reçut de Céline alors qu'il était exilé en Argentine.
        Marc LAUDELOUT.
 (Présent, Hors-Série, mai-juin 2018, consacré au cinéma).