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                                                                                                                      A  CHARGE

 

 

 

 

 

  HITLERIEN ET PORNOGRAPHIQUE. " Pétitions, tambours ", l'installation de Céline à Meudon fait grand bruit !
 


 
Comme d'habitude , on croyait qu'il avait affabulé. Des tracts à Meudon pour dénoncer l'installation de Céline dans cette paisible commune, en 1951 ?

  " Ici même à Meudon, pourtant infiniment discret, on ne peut plus courtois bien élevé, serviable, si on m'a fait voir ce qu'on pensait... d'abord par pétitions, tambours, et puis plus fort tambouriné, tout ce que murmuré, et puis par disques et haut-parleurs, tout ce que j'étais, tous les détails... dix fois Petiot, hyper Landru... ", écrit-il dans Rigodon.
 
 Et bien, tout cela était rigoureusement vrai ! Voici le tract fielleux que les Meudonnais ont pu découvrir dans leur boîte aux lettres peu avant les élections municipales de 1953. Louis-Ferdinand Céline y est mis sur le même plan qu'un ancien ministre de Pétain - Fernand de Brinon - et qu'un haut dignitaire du IIIe Reich - Otto Abetz.
  Il y est présenté comme " écrivain hitlérien et pornographique " et " ami intime " de plusieurs nazis.

 Céline est ironiquement censé appeler à voter pour une liste d' " Union communale & d'action sociale ". A toutes fins utiles, on rappelle même qu'il est inscrit sur les listes électorales au bureau n° 6 et qu'il habite au " 25 bis route des Gardes ".
 Les fiches de ces pétitions étaient décidément imprécises : c'était au 25 ter...
  (Jérôme Dupuis, Lire, H-S n°7, 26 juin 2008)

 

 


 

 

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   CENSURE A LA TELEVISION FRANCAISE.

  A la fin des années 50, Louis Pauwels animait avec Jean Feller et Jacques Mousseau une émission littéraire, En Français dans le texte. Grand admirateur de Céline, lorsqu'il travaille pour la télévision française, c'est tout naturellement qu'il a l'idée de réaliser un entretien avec lui. L'enregistrement a lieu en mars 1959 et l'émission est programmée pour le 19 juin.
  Dès l'annonce de l'émission, une Association nationale des combattants de la Résistance adresse une lettre à Roger Frey, ministre (gaulliste) de l'Information, réclamant sa suppression. Le lendemain, les quotidiens (Le Figaro, Le Monde, l'Aurore, Libération) se font l'écho de cette exigence. Jean-Pierre Dauphin note que si la presse relaie l'information, elle ne prend pas parti. C'est exact à l'exception de L'Humanité. Sous le titre " Le raciste Céline à la télévision ! " le quotidien communiste y va de son propre commentaire :

  " La R.T.F. - c'est-à-dire le gouvernement - ouvrira-t-elle ses studios à l'un des personnages les plus abjects que l'on puisse imaginer ? Les caméras de la télévision enverront-elles sur tous les petits écrans de France l'image d'un individu qui a lié son nom à toutes les turpitudes du racisme, de l'antisémitisme, de l'hitlérisme ? "
 
Et de relayer la réaction du MRAP (Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et pour la Paix) qui rappelle " le rôle particulièrement nocif joué
avant la dernière guerre et sous l'occupation par cet écrivain dans l'excitation à la haine antisémite, alors que se déchaînait contre les Juifs la plus inhumaine entreprise d'extermination ".

 " Lui offrir aujourd'hui la possibilité de s'adresser à des millions de Français constitue une grave offense à la mémoire des victimes de l'antisémitisme hitlérien et vichyste et de tous les héros qui ont succombé dans les combats pour la libération du pays. Passer l'éponge sur les méfaits d'un tel homme ne peut en outre qu'encourager ceux qui, s'inspirant des mêmes calomnies, des mêmes haines qu'il s'efforçait de répandre, se livrent à des activités racistes et antisémites de plus en plus inquiétantes. "
 
Le MRAP demande à la direction de la R.T.F. et au ministre de l'Information " d'empêcher cette propagande indécente et dangereuse. "

  Le quotidien communiste conclut en affirmant que " tous les démocrates, quelles que soient leurs opinions particulières, formuleront la même exigence. Ce n'est pas parce que des anciens féaux de Pétain participent au gouvernement actuel qu'un L.-F. Céline doit être autorisé à parader à leur télévision ! "
 
Le résultat ne se fait pas attendre et la direction de la Radio Télévision Française décide de ne pas diffuser cette émission. Céline aura le dernier mot : l'année suivante, dans Nord, il évoquera le tour que lui joua la télévision française, " de toute parfaite lâche muflerie ! "
 (BC n° 356, oct. 2013).



 

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    ANTICÉLINISME PRIMAIRE.

  L'offensive vient, cette fois, du Canada où, ironie, Céline envisagea un moment de s'exiler. Cela s'appelle Discours de réception et la couverture nous montre Hitler parlant à un rassemblement de SA, en 1933.

  Extrait de la quatrième de couverture : " Nous sommes en 1953 : Hitler a gagné la guerre. La France est réduite par l'Occupant à un Etat semi-agricole où règne une idéologie agrarienne célébrant les vertus du travail, de la famille et de son hygiénisme. Ce jour-là, Abel Morandon, médecin maréchaliste, prononce son discours de réception à l'Académie française, un éloge de son prédécesseur Louis-Ferdinand Céline, mort quelques mois plus tôt d'une embolie cérébrale, et dont le dernier ouvrage, La mort des Juifs, a rencontré un vif succès outre-Rhin. "

  Dans un livre récent, Céline est à la fois qualifié d'ange et de démon. Ici, il est vu comme un " mythe littéraire " et une " ordure canonisée ", excusez du peu. Céline-Bardamu se décrivait comme " scientifiquement médiocre " (L'Eglise). Promotion ? L'auteur, un dénommé Gosselin, l'imagine en grand inventeur de plusieurs produits miracles, soulageant successivement Pétain, Hitler et Goering, pour n'en citer que quelques-uns. Cette diatribe anticélinienne est d'une peu commune vulgarité et témoigne d'une méconnaissance abyssale de l'écrivain.
  Jugez plutôt : le Céline présenté par Gosselin est académicien, chantre de la Révolution Nationale, apologiste des études gréco-latines, admirateur de Henri Pourrat et de Barrès, ami fervent et laudateur de Brasillach, et bien entendu, irréductible partisan de l'extermination des juifs.

  A quand un pamphlet intelligent contre Céline ? Ce n'est sans doute pas pour demain, il faut le craindre. La fiction a, hélas, ses limites, et, pour être efficace, il faudrait que la fabrication soit crédible. On assiste ici à une sinistre bouffonnerie d'une bêtise insondable. Qu'il se soit trouvé dans la " Belle Province " un éditeur assez borné pour rendre publique cette prose affligeante est une mauvaise nouvelle pour nos amis québecois.
                                                                                              M.L.  (BC n°248).
 
Yves Gosselin, Discours de réception, Ed. Lanclôt, Outremont, Québec, 2003.

 

 

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   La vermine du Spiegel : le traître CélineHUMEUR.

 Le Spiegel s'intéresse beaucoup à la France. A Céline aussi. La vente du manuscrit de Voyage au bout de la nuit était une bonne occasion de dire, une fois encore, ce qu'il pense de son auteur, ou plutôt ce que nous devons en penser.
  C'est le correspondant en France de l'hebdomadaire allemand - que nous avons déjà vu à l'œuvre cette année à propos du livre relatif au voyage désormais fameux des écrivains de la Collaboration en Allemagne -, le bon Doktor Leick, qui a été évidemment chargé de cette tâche.

  Dans un article du 21 mai [2001], il nous dit d'abord qui est Céline : le docteur Louis-Ferdinand Destouches, qui s'est lui-même nommé ainsi, d'après le prénom de sa grand-mère bien-aimée. Nous voilà donc parfaitement renseignés.

  Mais qui était vraiment cet individu ? Après la guerre, proscrit et méprisé, un homme brisé, un demi-fou, plein de haine, qui ne voulait presque plus voir personne, négligé comme un clochard, et qui ne causait presque plus qu'avec le perroquet Toto, dont sa femme lui avait fait cadeau. Joli tableau.

  Comme quelques autres écrivains français, Céline avait pris le parti du régime de Vichy et du Troisième Reich. " Quelques " écrivains français ? Voir la liste des plus de 150 interdits par le C.N.E. dont Benoit, Béraud, Brasillach, Céline, Chardonne, Drieu la Rochelle, Giono, Jouhandeau, Maurras, Montherlant, Morand, Rebatet, etc... s'y ajoutant au début Anouilh et Aymé. Céline partisan de Vichy ? Mais alors pourquoi Les Beaux draps furent-ils interdits en zone sud ?
  Personne d'autre, poursuit l'hebdomadaire allemand, n'a écrit des pamphlets aussi monstrueux, (" ungeheuerliche "), aussi fous (" wahnsinnige ") contre les Juifs et leurs prétendus complots. Après sa fuite en Allemagne, son séjour à Sigmaringen, puis son exil de sept ans au Danemark, Céline a bénéficié d'une amnistie qui lui a permis de rentrer en France. Mais - horreur ! - il n'a jamais renié ses pamphlets antisémites (" seine antisemitischen Pamphlete hat Céline nie bereut "). Il n'a pas voulu une seule fois les reconnaître comme de terribles erreurs.

  Lucette Destouches veille scrupuleusement à ce que les écrits infâmes (" die infamen Schriften ") comme Bagatelles pour un massacre ne soient plus jamais réédités.
  Cela reste une énigme qu'un auteur qui a montré tant de compassions pour les faibles et les victimes, qui, comme médecin des pauvres, s'est souvent occupé de ses malades sans percevoir d'honoraires, ait pu se métamorphoser en un frénétique persécuteur (" in einen tobsüchtigen Verfolger ").

  Sa veuve ne peut pas totalement déchiffrer cette énigme. Elle ne peut que renvoyer à son abyssale tristesse, toute ma vie avec lui, dit-elle, a été comme si on m'avait cassé du verre dans le cœur.  
  Encore ne rappelle-t-elle pas qu'elle fut contrainte, en février 1942, d'assister, en compagnie de celui qui allait devenir son mari, au meeting de Jacques Doriot au Vel' d'Hiv', comme l'atteste une photographie prise à l'époque. Puis de le suivre, le mois suivant, à Berlin pour un voyage de cinq jours en compagnie de médecins, membres du Cercle européen...

  Nous avons conservé le meilleur pour la fin : " Ainsi la France a, presque 40 ans après sa mort, finalement réhabilité son écrivain maudit et banni. Céline, le cavalier de l'Apocalypse, le traître à la patrie et collaborateur de la Deuxième Guerre mondiale, le frénétique antisémite, a trouvé sa place dans le saint des saints du Panthéon littéraire. "

  Imaginons, comme dit la chanson. Imaginons une minute Céline, le traître à la patrie - pas traître à la patrie allemande de MM. Leick et Augstein, l'ex Hitlerjugend éditeur du Spiegel -, imaginons donc Céline encore de ce monde, Céline encore en vie. Le déluge d'épithètes ! Le typhon ! L'ouragan ! La tempête ! Les cieux s'ouvraient, tonnaient, crachaient le feu.
  Le Leick et l'Augstein sombraient, disparaissaient dans les profondeurs, les profondeurs du ridicule, perdus corps et biens, démantibulés, carbonisés, désintégrés à jamais. Le spectacle ! On ne se consolera pas de l'avoir raté. Regrets jusqu'à la consommation des siècles ! Eternels !

  A réflexion, non. Pourquoi non ? Parce que Céline en vie, les folliculaires du Spiegel n'auraient sans doute pas osé y toucher. Seraient restés cois, glorieusement silencieux dans leur haineuse et nauséabonde putréfaction.
 Que pouvons-nous faire ? Rien. Crions donc à pleins poumons pour remercier ces patriotes de leur honnête contribution au tombeau de Céline : Vive Der Spiegel, champion de l'objectivité et de l'humour teuton ! (Robert Vuillin, dans BC n°227).

 

 

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    L'AFFAIRE CELINE.

  On vient de ressortir L'Affaire Céline ( L'Ecole d'un cadavre) publié en 1950 par les " Cahiers de la Résistance " et rééditée en 1952 par les Editions Créator
  C'est cette seconde édition qui est à présent disponible en " reprint ".
  Dû à un certain Maurice Vanino, alias Maurice VANIKOFF, ce pamphlet se voulait une réplique au " Mémoire en défense " écrit par Céline en 1946.
   Dans une lettre à Albert Paraz, Céline dénonce à son tour ce libelle pourri de mensonges et de haine et invitations hurlantes à m'assassiner.
 
Sa date de parution n'était pas innocente puisqu'elle se situe un mois avant le procès de Céline devant la Cour de justice de la Seine qui allait le condamner, par contumace, à un an de prison.

   VANINO-VANIKOFF devait espérer mieux. Sous le titre " La justice française répondra à Céline ", il écrivait, évoquant le sort tragique du journaliste Jean Ferdonnet : Ferdonnet a été fusillé. Ferdinand serait-il pardonné ! Et de conclure : Les disciples de Céline ont été frappés. Leur maître échappera-t-il à tout châtiment ? Ses juges (...) diront si l'auteur de Mort à crédit doit payer... au comptant.

  On est loin, on le voit, de la réaction  du romancier belge Charles Plisnier qui écrivait, lui, à la veille du procès : ... Qu'on le condamne ou non, l'homme est à terre. J'aurais honte de l'accabler.

   VANINO-VANIKOFF n'avait assurément pas ce scrupule. Un document à découvrir pour prendre le pouls d'une époque. 
                                                                                                                  M.L.
    (BC n° 118, juillet 1992).              

 

 

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 " Monsieur KLARSFELD a le bras plus long que moi. "

 La scène se passe le 21 janvier 2011, en début de soirée, à la chapelle de l'Ecole nationale supérieure des Beaux -Arts, à Paris. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, est venu les mains vides. Il avait prévu d'offrir un exemplaire de l'édition 2011 du recueil des " Célébrations nationales " à chacun des invités venus fêter le vingt-cinquième anniversaire de cette publication. Il en a finalement décidé autrement. En cause : la présence de Céline dans cet ouvrage de 300 pages.

 Le journaliste : Le Guide des Célébrations nationales de 2011 n'est pas distribué à l'entrée de l'Ecole des Beaux -Arts : il va être remanié sans la notice de deux pages sur Céline, explique Frédéric Mitterrand, qui en avait pourtant signé l'avant-propos.

 Le ministre (d'une voix posée) : Je pense que Louis-Ferdinand Céline mérite toutes les célébrations littéraires par son incontestable apport à l'histoire de la littérature française. Je pense en revanche que le fait d'avoir mis sa plume au service d'une idéologie répugnante - celle de l'antisémitisme - de surcroît de façon obsessionnelle, à une période où cette idéologie répugnante, je le redis, a suscité tant de souffrances ne s'inscrit pas dans le principe des célébrations nationales. Louis-Ferdinand Céline est inscrit dans la collection de la Pléiade. C'est une célébration littéraire de premier plan. Louis-Ferdinand Céline ne doit pas s'inscrire dans une célébration des valeurs de la Nation et de la République.

 Le journaliste (incisif) : Serge Klarsfeld a eu raison de votre décision précédente, c'est ça ?

 Le ministre (solennel) : En mon âme et conscience (
1), j'ai pensé qu'il était indispensable de prendre cette décision. Voilà, c'est tout.

 Henri Godard (s'approchant du ministre) : Je suis l'auteur de la notice...

 Le ministre : ... qui est très bien...

 Henri Godard : ... concernant Céline.

 Le ministre (le coupant aussitôt) : Je ne veux pas de polémique !

 Henri Godard : Mais...

 Le journaliste : Frédéric Mitterrand s'éloigne sans s'adresser à Henri Godard. L'universitaire, qui a édité l'œuvre de Céline dans la Pléiade, est amer.

 Henri Godard (ému) : ... Je suis un peu indigné. (2)

 Le journaliste : M. Klarsfeld avait dit : " J'en référerais au Premier Ministre et à M. Sarkozy si besoin au moment du dîner du Crif. " (3)

 Henri Godard : Eh bien, écoutez, il a le bras plus long que moi. Vous avez vu la manière dont Monsieur le Ministre s'est éclipsé. J'aurais aimé que Monsieur le Ministre ait un mot de regret, malgré tout. (4)

 Le journaliste : Cinquante ans après sa mort, - " Céline le salaud ", comme le qualifie Henri Godard, a donc eu raison de " Céline l'écrivain français le plus traduit et le plus diffusé dans le monde, après Proust ". (France-Info, 21 janvier 2011).

 1. Rappelons que le communiqué de Serge Klarsfeld à l'AFP tombe le mercredi 19 janvier. Durant quarante-huit heures, le Ministre réfléchit à la question mais en quelques heures, le vendredi 21 janvier, c'est la Présidence qui tranche. A l'issue de sa conférence de presse du lundi 24 janvier, Nicolas Sarkozy a été interrogé sur le retrait de Céline des célébrations nationales : il dit comprendre cette décision au regard des " valeurs de la République " mais redit son admiration pour cet écrivain " formidable " dont le livre D'un château l'autre l'a impressionné (" Le président aime toujours Céline ", Le Figaro, 25 janvier 2011).

 2. A d'autres journalistes, il aura des mots plus vifs : " J'ai le sentiment d'avoir été piégé. Je suis furieux. " (Le Monde, 23 janvier 2011).

 3. Rappelons qu'en décembre 2009, Serge Klarsfeld s'était indigné de la publication des lettres antisémites de Céline dans la Pléiade (Le Point.fr, 23 déc. 2009). Il est à noter aussi que Klarsfeld a attendu le 19 janvier pour intervenir alors que le recueil des célébrations nationales 2011, ainsi que sa version web, étaient déjà diffusés depuis plusieurs mois.

 4. Le ministre a déclaré par ailleurs que sa décision ne constituait en aucun cas un désaveu à l'égard du Haut comité (chargé d'établir la liste des personnalités célébrées) mais une " inflexion " (sic) qu'il assume pleinement.

 

 

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  La consultation des dossiers Céline, conservés aux Archives nationales et à la Préfecture de police de Paris, donne accès à de nombreuses coupures de presse, plaçant définitivement l'écrivain dans le camp abhorré des collaborateurs.

  Ces courts articles, publiés en pleine période d'épuration, donnent une idée fidèle de la haine nationale qui poursuit l'exilé dans les journaux de gauche.

  Ignoble, abominable, hideux, monstrueux... Aucun adjectif ne semble assez fort, au sortir de la guerre, pour décrire l'attitude suprêmement détestable des collaborateurs. Du reste, leurs visages sont multiples comme l'hypocrite Janus ou le cruel Cerbère. Il y a d'abord le " patriote " dénonçant ses voisins à coup de missives anonymes, le chef de parti enragé, le germanophile passionné, le pacifiste aveugle ou l'écrivain antisémite. Tous n'ont pas la même influence et encore moins la même stature. Certains sont mus par intérêt, d'autres par conviction. Les voix des uns résonnent dans la presse ou sur les ondes, quand d'autres agissent dans le silence honteux des combines et des coups bas.

  Ainsi l'exécution sommaire de Brasillach le 6 février 1945, s'expliquerait-elle par la responsabilité morale de l'écrivain, qui se redéfinit à cette époque dans les débats suscités par l'épuration (première partie) et dans les procès d'écrivains (deuxième partie). La même issue attendait Céline à Paris. De fait, la collaboration est un imbroglio si complexe et si embarrassant qu'il a fallu plusieurs décennies pour que les historiens cherchent à démêler les principaux linéaments. Mais la nuance vient avec le temps, et les obsessions cathartiques de la résistance ne lui laissent aucune place.

 L'épuration succède à la Libération. Il faut purger la presse, balayer les reliques du passé vichyssois, bannir tous ceux qui ont fait la part belle à l'occupant nazi. La liste est longue et la rhétorique providentielle de la presse résistante ne craint pas la dérive  manichéenne. Il y a les bons et les méchants. L'image épique et triomphante du libérateur écrase ainsi le visage essoufflé du collaborateur. On retrouve donc, inconsciemment ou non, l'iconographie traditionnelle de Saint-Michel terrassant le dragon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Galtier-Boissière résume d'ailleurs parfaitement ce climat d'affrontement et l'illusion de dualité entretenue par les quotidiens d'Après -Guerre : " La presse de la Libération n'a que deux rubriques, écrit-il en 1944, glorification des fifis et mouchardage des collabos ! "

  Autrement dit, les journalistes d'hier, membres de Je suis partout, du Pilori ou de La Gerbe, sont désormais conspués par les journaux sortis de la clandestinité. Parmi les cibles récurrentes de la presse libérée, Louis-Ferdinand Céline occupe une place de choix. Les nombreux titres qui lui sont consacrés illustrent en effet l'indignation commune soulevée par l'écrivain réfugié au Danemark, après s'être enfui en Allemagne aux côtés du maréchal Pétain.

  Qui est Céline pour cette France nouvelle qui s'édifie à partir de 1945 ? Il est d'abord " l'auteur de Bagatelles pour un massacre ".

  Comme s'il s'agissait de faire l'impasse sur le reste de son œuvre, c'est sans doute la périphrase qui reviendra le plus souvent pour désigner " l'écrivain collaborateur ", assimilé aux pires excès de l'administration nazie. (Jean-François Roseau, Le Petit Célinien, 21 février 2012).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                 Mai 1941. Conférence à l'Institut des questions juives

                                                                                              Céline au centre et Louis Lambert.

 

 

 

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 * [ N° 23, document dactylographié des Renseignements Généraux ] Confidentiel. 22 avril 1953.

 
Objet : A.S de Louis-Ferdinand Céline.

   Le docteur Louis-Ferdinand Destouches, dit " Céline ", auteur des Beaux draps, de Bagatelles pour un massacre, de Voyage au bout de la nuit, demeure actuellement 25 ter route des Gardes à Meudon (S et O).
   Condamné par contumace le 21 février 1950, par la Cour de justice de la Seine (3e sous-section), à 1 an de prison, 50000 fr. d'amende, à la confiscation de la moitié de ses biens et à la dégradation nationale pour actes nuisibles à la défense nationale, il a bénéficié ultérieurement d'une amnistie.

  Inscrit sur les listes électorales de cette localité, il se rendra vraisemblablement aux urnes le 26 avril.
 Ce geste, susceptible d'être interprété par certains comme " une provocation ", pourrait créer des incidents.

 

 

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  * Le journal L'HUMANITE , 20 juin 1959.

 Notre protestation a porté : la RTF a dû renoncer à Céline.

  Nous avons été les premiers à protester. L'association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance, la Fédération Nationale des déportés, Internés, Résistants et Patriotes, le Mouvement contre le Racisme, l'Antisémitisme et pour la Paix, avaient élevé leur voix indignée : Louis-Ferdinand Céline, cet antisémite forcené qui écrivit qu'il donnerait " cent mille Einstein pour un morceau d'ongle aryen ", devait parader à la télévision hier soir.

 Il n'y est pas venu. Comme l'écrit naïvement " Paris-Presse " : la direction générale de la RTF a pris la décision " de renoncer à Céline " à la suite des protestations qu'avaient suscitées ses intentions.

 (Spécial Céline n°2, sept.-oct. 2011).

 

 

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  CELINE dans " ACTUALITE JUIVE "

 Le fait que Serge Klarsfeld obtienne gain de cause aura eu une autre conséquence : le principal organe de la presse juive en France a consacré un dossier à Céline !

 Créé en 1982, cet hebdomadaire communautaire à un tirage d'environ 17 000 exemplaires, dont 13 500 vendus en kiosque. Dans son éditorial, Serge Benattar observe que, si Céline n'est pas passé devant le poteau d'exécution comme Brasillach, " il l'aurait bien mérité ". Et de craindre que " dans quelques années, on ne gardera des ces écrivains collaborateurs que l'image de stars de la littérature ".

 Sous le titre " Céline, itinéraire d'un écrivain antisémite ", Jean-Yves Camus signe une évocation de la vie de l'écrivain à travers ce prisme particulier : " Son passage au service d'hygiène de la Société des Nations (l'ONU d'alors) sous l'autorité d'un médecin juif, a son importance dans son rapport aux Juifs, tout comme sa rupture avec sa passion de la fin des années 20, la danseuse américaine Elizabeth Craig dont il attribue la trahison à son mariage avec un " juge juif ".

 On s'accorde généralement pour dire que, sous l'occupation, Céline fit preuve d'une grande imprudence en écrivant des lettres aux journaux. Ce n'est pas l'avis d'Emile Brami qui estime que " sa façon de procéder était extrêmement maligne " : " En envoyant ses lettres, il disait aux journalistes qu'il s'agissait de lettres personnelles et non pas d'articles. (...) Il précisait toutefois que s'ils décidaient de les publier, ils pouvaient le faire sous leur responsabilité et sans couper une ligne. Ainsi sa défense après la guerre a été de dire  qu'il n'avait jamais écrit un article. "

 A l'instar de certains exégètes actuels, Catherine Garson porte un regard critique sur toute l'œuvre de Céline, y compris ses romans : " Même si sa haine antisémite n'est prégnante que dans trois de ses quatre pamphlets, l'esthétique entière de Céline a partie liée avec un antihumanisme dérangeant impossible à nier. " Dans un deuxième article, la journaliste dénonce, chez les internautes (céliniens ou non), un aspect " pro-palestinien " dans le nouveau discours antisémite. En exemple, elle cite notamment ce commentaire : " C'est vrai que le grand donneur de leçon devant l'éternel Serge Klarsfeld a un drôle de fiston qui a servi comme garde-barrière devant le ghetto de Cisjordanie en portant l'uniforme d'une armée d'occupation accusée de crimes de guerre par l'ONU. " Elle déplore que ces propos " passent allègrement le filtre des divers modérateurs " sur des forums comme celui du Figaro.

 Revenant sur le sujet la semaine suivante, Michael Sebban salue l'initiative de Serge Klarsfeld : " Il est bon qu'une voix juive rappelle que la littérature ne pèse pas grand-chose face à la figure ignoble et il est appréciable que là, cette voix fut entendue. "

 Mais il exprime sa colère face " aux réactions confuses d'intellectuels généralement mieux inspirées ". Dont celle d'Alain Finkielkraut " qui demande d'assumer l'héritage contradictoire de Céline " et de ne pas accréditer l'idée du " lobby juif ".

 Ou l'indignation de Pierre Assouline pour " la volte-face indigne du ministre de la Culture ". Sebban conclut : " La littérature ne serait-elle que fascination confuse pour le mal ? Héritier de Céline ! (...) Quelle dignité ? Notre seul héritage est celui de nos ancêtres assassinés par la vermine célinienne. " (BC n°329, avril 2011).

 

 

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  COLLOQUE " Céline, réprouvé et classique "

 Ce fut une belle réussite, du 4 au 5 février 2011, la petite salle (158 places) du Centre Pompidou était comble et les organisateurs peuvent se targuer d'avoir obtenu, en guise d'heureux épilogue, la participation (gracieuse) de Fabrice Luchini. La veille, le spectacle, conçu par Emile Brami et magistralement interprété par Denis Lavant, remporta un égal succès.

 L'originalité de ce colloque fut de donner la parole à des anti-céliniens patentés : Jean-Pierre Martin, qui signa naguère un mémorable Contre Céline (1997), et Daniel Lindenberg, auteur d'une belle contrevérité : " Sous l'Occupation, Céline alla jusqu'à poser très sérieusement [sic] sa candidature au Commissariat général aux questions juives " (1).

 Ces deux universitaires ont comme point commun d'avoir communié jadis dans la même ferveur maoïste. L'un à la GP (Gauche prolétarienne), l'autre à l'UJCML (Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes). Cette expérience militante leur permet assurément de juger avec acuité la dérive totalitaire de romanciers ayant été aussi des écrivains de combat. La nouveauté consiste à relier Céline à Auschwitz.

  Ainsi, J.-P. Martin cita, pour l'approuver, Serge Doubrovsky : " Que voulez-vous que moi, juif, je fasse d'un écrivain qui voulait mon extermination ? Si je n'ai pas été gazé à Auschwitz, c'est malgré Céline (2). "

  Jamais auparavant de tels propos ne furent tenus dans un colloque consacré à l'écrivain. Les céliniens qui font autorité ont écrit exactement le contraire : " Céline, mieux que tout autre, savait qu'il n'avait pas voulu l'holocauste et qu'il n'en avait même pas été l'involontaire instrument (3). " Dixit François Gibault. Quant à Henri Godard, il a toujours considéré que, si l'antisémitisme de Céline fut virulent, il ne fut pas meurtrier (4). Et Serge Klarsfeld lui-même tint ce propos lors d'une soutenance de thèse consacrée précisément aux pamphlets : " Malgré leur outrance insupportable, ils ne contiennent pas directement d'intention homicide. (5) "

 En cette année du cinquantenaire, une étape a donc été franchie. Il s'agit de faire d'un antisémite incontestable un partisan des camps de la mort. En décembre 1941, lors d'une réunion politique, Céline se rallia à un programme préconisant la " régénération de la France par le racisme ". Il précisait ceci : " Aucune haine contre le Juif, simplement la volonté de l'éliminer de la vie française. (6) "

  Il suffira désormais de supprimer ces quatre derniers mots pour faire de Céline un partisan du meurtre de masse.

 (1) Daniel Lindenberg, " Le national-socialisme aux couleurs de la France. Louis-Ferdinand Destouches, dit " Céline ", Esprit, mars-avril 1993.
 (2) Michel Contat, " Serge Doubrovsky au stade ultime de l'autofiction ", Le Monde, 3 février 2011. Et Jean Daniel de blâmer " une célébration qui ferait l'impasse sur le caractère infâme, abject et déshonorant des écrits antisémites que Céline a publiés, y compris dans le moment où il savait [sic] que les juifs étaient déportés en Allemagne pour y être gazés. " (Carnets d'actualité, instants de pensée et d'humeur ", Le Nouvel Obs.com, 2 février 2011).
 (3) François Gibault, Préface à Lettres de prison à Lucette Destouches et à Maître Mikkelsen, Gallimard, 1998.
 (4) Henri Godard, " Louis-Ferdinand Céline " in Célébrations nationales 2011, Ministère de la Culture, 2010.
 (5) Propos tenus le 16 octobre 1993 à l'Université Paris VII lors de la soutenance de Régis Tettamanzi (thèse sur les pamphlets de L.F.Céline et l'extrême droite des années 30. Mise en contexte et analyse du discours.)
 (6) Voir Céline et l'actualité, 1933-1961, Les Cahiers de la NRF, Gallimard, 2003, réed. (
BC n°328, mars 2011)

 

 

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 * Roger ASCOT (né Askolovitch, 1928-2011, écrivain, journaliste) : " Peu importe son talent. Céline participe de Vichy, d'Hitler et d'Auschwitz.
  Comme tel, le mieux qui puisse arriver à sa mémoire, c'est qu'on l'oublie. " (L'Arche, 1984).

 

 

 

 

 

 * Jean BLOT (de son vrai nom Alexandre Blokh, écrivain, haut-fonctionnaire, traducteur) : " Ce n'est pas parce qu'il est un salaud qu'il faut en faire un grand écrivain : intelligence médiocre, imagination pauvre. Il garde le privilège d'une sensibilité grinçante.

  Avec lui commence la clochardisation de la littérature française. Je trouve sa promotion suspecte. " (Information juive, février 1987, E. Mazet, Spécial Céline 7).

 

 

 

 

 

 * Michel BOUNAN (médecin, essayiste) : " La bonne question n'est pas de savoir comment un libertaire en vient à s'acoquiner avec des nazis mais pourquoi ce genre de personnage croit bon de se déguiser en libertaire. "
(L'art de Céline et son Temps, 1997, Spécial Céline n°7, Eric Mazet).

 

 

 

 

 

 

 

 * André BRETON (essayiste, théoricien du surréalisme, poète et écrivain, 1896-1966) : " Cher Camarade, Mon admiration ne va qu'à des hommes dont les dons (d'artiste, entre autres) sont en rapport avec le caractère. C'est vous dire que je n'admire pas plus M. Céline que M. Claudel, par exemple. Avec Céline l'écœurement pour moi est venu vite : il ne m'a pas été nécessaire de dépasser le premier tiers du Voyage au bout de la nuit, où j'achoppai contre je ne sais plus quelle flatteuse présentation d'un sous-officier d'infanterie coloniale. Il me parut y avoir là l'ébauche d'une ligne sordide. Aux approches de la guerre, on m'a mis sous les yeux d'autres textes de lui qui justifiaient amplement mes préventions.

  Horreur de cette littérature à effet qui très vite doit en passer par la calomnie et la souillure, faire appel à ce qu'il y a de plus bas au monde. L'antisémitisme de Céline, le soi-disant « nationalisme intégral » de Maurras, sous la forme ultra-agressive qu'ils leur ont donnée, ne sont pas seulement des observations, mais le germe des pires fléaux. A ma connaissance Céline ne court aucun risque au Danemark. Je ne vois donc aucune raison de créer un mouvement d'opinion en sa faveur. "
 (Le Petit Célinien, 12 sept. 2014).
 

 

 

 

 

 

 

 * Louis CALAFERTE (écrivain, 1928-1994) : " Lorsqu'on a le talent et même le génie de Céline, on a tout de même le devoir de réfléchir quand on tient une plume... Je pense que Céline est réellement un criminel et qu'il restera aux yeux de l'Histoire un criminel de talent. C'est tout ce qu'on peut en dire et c'est tout ce que moi, j'en dis. "
 (L'aventure intérieure, entretiens avec Jean-Pierre Pauty, éd. Julliard, 1994, dans BC n° 152, mai 1995).

 

 

 

 

 

 * Michel CIRY (peintre, graveur, écrivain) : " Peintre de talent dont l'anticonformisme face aux ridicules du siècle est revigorant. Grâce au dernier tome de son Journal (éd. Buchest-Chastel), qui va de mars 1959 à mars 1963, on peut se rendre compte qu'un grand esprit n'est pas à l'abri de débiter les critiques les plus éculées. Paradoxe... l'artiste émet un jugement définitif sur un auteur dont il avoue ne pas avoir lu plus de trois pages. Voici ce que lui inspire, en juillet 1963, la mort de Céline : " Je n'ai jamais pu, au nom d'un dégoût littéralement physique, dépasser le cap de la troisième page de ces débordements, orduriers à plaisir, d'un systématisme non moins irritant dans l'écriture que pour ce qu'il est convenu d'appeler l'esprit ; toutes autres vertus possibles s'en trouvent anéanties, étouffées sous le poids d'un tel magma de saloperies verbales d'une affligeante gratuité. A dire merde tous les cinq mots, à enculer toutes les dix lignes, à vomir à chaque page, à blasphémer comme on respire et à cracher pour rien à la face de tout, on risque fort de gâcher les effets recherchés avec une pareille outrance.

 C'est mortel à lire et, de plus, singulièrement répugnant. Il est probable que la même pensée exprimée sans un tel recours à la putasserie du vocabulaire eût donné une œuvre qui serait passée inaperçue parce que son essence même ne méritait pas davantage que cette juste indifférence. S'il est encore permis de choisir, dans l'ordre du lyrisme et de la violence, alors vive Péguy et que crève une seconde fois cet éboueur des lettres que fut Céline, car il me paraît nettement préférable d'être fasciné par le ciel qu'hypnotisé par le bas-ventre. " Comme épitaphe vengeresse, on conviendra que ce n'est pas mal. "
 (BC n° 148, janvier 1995)

 

 

 

 

 

 * Charles DANTZIG (écrivain, éditeur) : " Céline c'est Dante. Un partisan battu qui ne le juge pas comme le jeu normal des choses, mais de l'injustice, et qui enfle un sort banal à des proportions insensées. Céline était irrité quand on parlait de lui comme d'un génie comique et inoffensif, mais en même temps c'est ce qui le protégeait. Il est dans une situation paradoxale que ce n'est qu'à condition de ne pas le prendre au sérieux qu'on peut le prendre au sérieux.
  C'est ce que font ses partisans actuels pour le désinfecter, après une journée de dupes qui dure depuis soixante ans entre une certaine droite l'aimant en réalité pour son racisme et une certaine gauche pour ce qu'elle croit être sa destruction de la société bourgeoise par la destruction du langage. On voudrait conclure que Céline est un de ces ingénus qui se sont laissé assommer par les idées, mais Céline n'est pas un ingénu. C'est un homme qui a l'explication du monde. Si elle perd, il en change, car au convaincu il n'importe que de l'être.

  A la fin de sa vie il était passé au péril jaune. Il avait eu le temps de nous répéter, interview après interview, qu'il avait inventé un style unique, sans prédécesseurs et sans successeurs. Or, il est sorti tout furibond de Jules Laforgue. L'emploi des points d'exclamation, des points de suspension, le style de " l'émotion ", ce sont Les Complaintes et les Moralités légendaires, la tendresse en moins, et les trépignements en plus.
  Dans les Entretiens avec le Pr Y, il expose son art d'écrire avec un orgueil qui se donne l'air de la vanité. Comme il a l'air de ne pas ressembler aux autres, il est content. S'agace de ce qu'on lui parle de sa ponctuation, mais en même temps, c'est cela qu'il vante. Et c'est cela qui le persuade qu'il est supérieur. Lucain avait un style caillouteux, Virgile un style simple ; Fénelon dit : " Lucain devait naturellement croire qu'il était plus grand que Virgile " (Lettre à l'Académie).
  Plus encore que hâbleur, Céline était coquet. "
 (Dictionnaire égoïste de la littérature française, Grasset, 2005, poche 2009, Le Petit célinien, 1 oct. 2011)
.

 

 

 

 

 

 

 * Serge DOUBROVSKY (écrivain, critique littéraire, professeur de littérature française) : " Il a beaucoup compté, il compte encore beaucoup pour ma langue écrite, mais que voulez-vous que moi, juif, je fasse d'un écrivain qui voulait mon extermination ?

  Si je n'ai pas été gazé à Auschwitz, c'est malgré Céline. "
 (Le Monde, 4 février 2011, dans E. Mazet, Spécial Céline n°7).

 

 

 

 

 

* Annick DURAFFOUR (historienne, professeur de lettres) : " De mon côté, j'aborde entre autres la question des dénonciations : des mots qui, sous l'Occupation, deviennent des actes. Céline a dénoncé Robert Desnos, Charles Cros, le Dr Mackiewicz, secrétaire des médecins de Seine-et-Oise, le Dr Howyan, médecin femme du dispensaire de Clichy, et probablement Serge Lifar. Il dénonce comme communiste le Dr Rouquès dans sa préface à la réédition de L'Ecole des cadavres. Il dénonce comme juif Victor Barthélémy en apportant une lettre en main propre à Jacques Doriot, chef du PPF. Et, comme il cherche du travail, il dénonce le médecin chef du dispensaire de Bezons, le Dr Hogarth, d'abord comme médecin juif étranger - ce que n'était pas ce dernier - puis comme nègre haïtien. Alors que le maire de Bezons lui résiste, il insiste auprès du directeur de la Santé à Paris, obtient le licenciement de Hogarth, et prend sa place.

 [...] Voyage n'est pas un texte humaniste, il exprime une révolte " populiste " qui mêle tout et son contraire, scènes fortes, véritable poésie et préjugés grossiers : les Noirs y sont des " cannibales " " ahuris " qui relèvent " de la misère incurable, innée " ; " les femmes, ça ne médite jamais " tandis que les hommes devant la Seine " urinent avec un sentiment d'éternité "...

 [...] Si le procès avait lieu aujourd'hui, les choses seraient différentes. Le dossier était incomplet et vous le savez bien !
  (Figaro Magazine, 3 et 4 février 2017, Esprits libres, A. Duraffour, P.-A. Taguieff / F. Gibault).

 

 

 

 

 

 * Lény ESCUDERO (de son vrai nom Joaquim Leni ESCUDERO, acteur, chanteur et auteur-compositeur-interprète) : " Céline a écrit des livres ignobles, mais Mort à crédit et le Voyage, ça a été un choc. J'avais une petite amie qui était sa nièce, elle s'est proposée pour me le faire rencontrer.

 Il a d'abord dit non, puis oui. C'est moi qui n'ai pas voulu... "
  (Libération, 21 avril 1994, dans BC n° 141, juin 1994).

 

 

 

 

 

 

 * Luc FERRY (ancien ministre de la Jeunesse, de l'Education Nationale et de la Recherche de Jean-Pierre Raffarin, professeur de philosophie) : " Céline n'est ni Hugo ni Molière : non seulement le jugement de l'histoire n'est pas passé, mais l' "admiration " qu'il suscite est pour le moins douteuse, à proprement parler discutable si l'on songe que l'exceptionnelle virulence de son antisémitisme n'est pas ou ne peut pas être tout à fait sans lien avec le fond de son oeuvre. "
 (Célébrer Céline ? , Le Figaro, 29 janvier 2011
).

 

 

 

 

 

 

 * Viviane FORRESTER (née Dreyfus, écrivaine, essayiste, romancière, critique littéraire, 1925-2013) : " Son verbe ému, ravageur, comme il n'en est pas d'autres. Mais aussi sa bêtise, les clichés éculés, les poncifs donnés dans les pamphlets antisémites, comme vérités premières. Sa collusion empressée avec les plus forts, ses poses bravaches pour s'accorder avec l'air du temps contre une minorité ; sa fusion moche avec ce qu'il a su, magistral, somptueux, dénoncer : l'ampleur de la mocheté. Son crime, oui, et moche. Ses violences, protégées, conformistes. Son appel sans risque à l'horreur. Et qui fut exaucé. [...] Recours : annoncer l'anomalie de Céline, écrivain de génie donc exceptionnel, par là, de nature et d'évidence exceptionnel en tant que salaud. Un monstre. On connaît l'étrange, la grande excuse donnée par les complices de l'horreur : " Il faut se rappeler l'époque : tout le monde pensait de la sorte alors, c'était considéré comme innocent. "

 Céline, outrancier, dépasse la mesure, appelle au meurtre, à l'extermination mais ne scandalise pas (ou fort peu) même avant la guerre. [...] Au cours des nombreux enregistrements de l'écrivain à Meudon ou dans des studios parisiens, nul ne lui a posé la question des noms omis dans la trilogie d'après-guerre, nul n'a simplement prononcé les noms d'Auschwitz, Chelmno, Treblinka, entre autres. [...] Son pouvoir semble avoir joué sur tous les interlocuteurs, ceux aussi qui n'étaient pas de son bord, tous demeurés, timides, interdits, Hypnotisés. "
 (Spécial Céline n°9, Anthologie, Opinion publique, Eric Mazet, 2013).

 

 

 

 

 

* Georges FRECHE (président de la région Languedoc-Roussillon) " Georges FRECHE a déclaré:- " La qualité littéraire ne saurait en aucun cas suppléer la déviance morale (...) En 1945, Drieu la Rochelle, Brasillach et Céline méritaient d'être fusillés ".

   Il est piquant de constater que Georges FRECHE, membre éminent du Parti socialiste est contre la peine de mort. Dans son Encyclopédie politique française, Emmanuel Ratier rappelle que FRECHE fut autrefois l'un des premiers maoïstes français, avant de devenir membre du Parti communiste marxiste-léniniste de France. N'en doutons pas: c'est avec ce type de pedigree que l'on fait les plus féroces épurateurs. "
 (BC n° 255, lu dans Le Monde, 23 juin 2004)

 

 

 

 

 

 

 * Jean HEROLD-PAQUIS (journaliste, milicien, adhérent du PPF, jugé et fusillé le 11 octobre, 1912-1945) : " Ce fut dans cette atmosphère que j'appris la fuite de L.-F. Céline. Réfugié à Sigmaringen, Céline avait vu la défaite allemande, après l'échec des Ardennes. Dès lors, il s'était renié. Il racontait que L'Ecole des cadavres, Bagatelles pour un massacre, Les Beaux draps n'étaient que des notes personnelles qu'il ne voulait pas livrer au public, mais que Denoël lui avait littéralement arraché les pages manuscrites de ces trois bouquins. Oui, L.-F. Céline, porté au pinacle par les propres ténors de la collaboration, Céline, pour une lettre duquel Je suis partout ouvrait sa première page, Céline, le dieu des anti-juifs, le messie de l'ordre nouveau, Céline que son torrentiel langage avait imposé à la foule, Céline qui était le " prophète ", l' "Evangile ", tout, en un mot, Céline désavouait l'auteur de Bagatelles pour un massacre, L'Ecole des cadavres et Les Beaux draps.

  Ces trois livres, il les jetait au feu de la lâcheté ; ces trois livres, il les méprisait, les repoussait du pied. Céline faisait lui-même, dans cette ville allemande, devant quelques milliers de Français, le " Voyage au bout de la honte ". Puis un jour, il disparut.
 Laissant là son ami Le Vigan, L.-F. Céline était parti au Danemark, ayant obtenu des autorités allemandes et danoises de servir comme médecin dans une formation sanitaire. Il devait rester peu de temps aux lieux de son second exil. Bientôt, il passait en Suède. Ainsi mourut, méprisé par ses amis et ses ennemis, celui que Daudet avait salué du titre de " nouveau Rabelais ".
 (Jean Hérold-Paquis, Des Illusions... Désillusions !..., Mémoires, 15 août 1944-15 août 1945, Bourgoin, 1948).

 

 

 

 

 

 

 * Joseph LANZA DEL VASTO (né Enrico Lanza di Trabia-Branciforte, philosophe, artiste, poète, 1901-1981): " Céline : ignoble, illisible, immonde... " (Interview télévisée, Spécial Céline n°8, E. Mazet).

 

 

 

 

 

 

 * Jacques LANZMANN (auteur, parolier, scénariste, 1927-2006): " L'homme Céline étant pour moi l'un des plus grands criminels de l'histoire de France, je considère qu'il est, par ses écrits, par ses appels à la haine et au racisme, responsable entre autres, de la rafle du Vel d'Hiv'.

 Pour moi Céline n'est pas un homme mais un chien. J'ai été révolté et indigné dès l'âge de 22 ans quand j'ai découvert Céline : depuis lors, je n'ai jamais pu " entrer " dans aucun de ses livres. "
   (Information juive, février 1987, dans Spécial Céline n°8, E. Mazet).

 

 

 

 

 

 

 

 * Frédérique LEICHTER-FLACK (maître de conférence à l'Université Paris Ouest Nanterre) : " On trouve dans Voyage au bout de la nuit tous les ingrédients pour le populisme actuel. Le regard porté par Céline sur son époque est aussi dangereux pour la nôtre. De Céline, il n'y a pas de lecture innocente possible :

  la vigilance doit s'exercer jusque dans l'appréciation du style, et pas seulement dans l'effort pour restreindre à l'œuvre, l'admiration que nous pourrions être tentés d'éprouver pour l'écrivain. "
  (Céline, le " style contre les idées " ? , Méfiance ! , www.lemonde.fr, 27 janvier 2011, BC n°330, mai 2011).

 

 

 

 

 

 

 * Daniel MAYER (homme politique socialiste, membre de la Résistance, ministre du travail et de la Sécurité sociale, 1909-1996) : " [N° 26, document dactylographié des R.G. ] Confidentiel. 11 juin 1959.

 Objet : A.S de l'attitude des milieux anciens résistants à l'encontre de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline.

   Le journal " France-Soir " a annoncé récemment que l'écrivain Louis Destouches plus connu sous le nom de Louis-Ferdinand Céline devait participer, le 19 juin prochain, à une émission de la RTF, animée par M. Louis Pauwels.
  Traduisant l'émotion ressentie dans certains milieux anciens résistants en raison de l'activité collaborationniste de l'intéressé, M. Daniel MAYER aurait demandé au " Comité d'Action de la Résistance " d'intervenir avec vigueur auprès du ministre de l'Information pour empêcher ce " scandale ".


  [Une notice bio-bibliographique de l'écrivain est jointe à ce texte]
  (Spécial Céline n°2, sept-oct. 2011).

 

 

 

 

 

 

 * Pierre PERRET (chanteur, auteur, compositeur): " Dans son dernier disque (La bête est revenue), l'immortel auteur du Zizi s'est fendu d'une chanson consacrée à Céline : " J'ai cru découvrir un grand écrivain / J'avais dix-huit ans quand j'ai lu l'Voyage / Puis Mort à crédit et après plus rien / Que des mots fascistes j'ai tourné la page / Il aidait les pauvres autant que les chatons / C'est c'qu'il prétendait mais il n'aimait guère / Tout c'qui était négro-judéo-saxon / D'la graine de racaille et de rastaquouères / [...] Racisme d'abord, racisme avant tout / Racisme suprême et désinfection / C'est c'que tu écrivais dans Je suis partout / Pour toi Buchenwald fut la solution.

  Que cela soit, pour nous, l'occasion de citer, sans autre commentaire, cette lette de Céline à Jean Paulhan que PERRET ne doit pas connaître : " Lorsque j'attaquais les Juifs. Lorsque j'écrivais Bagatelles pour un massacre je ne voulais pas dire ou recommander qu'on massacre les juifs. Eh foutre tout le contraire. Je demandais  aux juifs à ce qu'ils ne nous lancent pas par hystérie dans un autre massacre plus désastreux que celui de 14-18 ! C'est bien différent. On joue avec grande canaillerie sur le sens de mes pamphlets. On s'acharne à me vouloir considérer comme un massacreur de juifs. Je suis un préservateur patriote acharné de français et d'aryens - et en même temps d'ailleurs de Juifs ! Je n'ai pas voulu Auschitz, Buchenwald. Foutre ! Baste ! Je savais bien que déclarant la guerre ont irait automatiquement à ces effroyables " Petioteries " ! " (BC n°194, janv. 1999).

 * " J'ai un dégoût profond pour ce type. Au début, j'ai eu un véritable intérêt pour l'écrivain. Puis quand j'ai vu l'étendue des aberrations qu'il proférait, les incitations à la haine qu'il lançait, son racisme total, sa profonde attirance pour les nazis et autres racistes, j'ai ouvert les yeux. Il n'y a aucun talent qui puisse excuser cette attitude. " (Actualité juive hebdo, Paris, 14 janv.1999, BC n° 196, mars 1999).

              

 

 

 

 

* RABI (né Wladimir Rabinovitch, juriste et écrivain, 1906-1981): " On ne peut rien comprendre à Céline si l'on omet ce fait primordial à savoir que cet homme est fondamentalement une combinaison complexe de forfanterie, de couardise, de cupidité et de ruse. Toute tentative de compréhension s'arrête à ce barrage... (...) La vérité, telle qu'elle se dégage de l'examen chronologique des textes, est que Céline n'a jamais cessé d'être antisémite, mais que, tout au moins pendant une certaine période, de 1932 à 1936, il en a atténué ou supprimé l'expression pour des raisons de pure réussite littéraire.

  (...) Il figure parmi ceux qui ont ouvert les voies du nazisme en France, et préparé ainsi l'extermination physique de la minorité juive qui était partie de la nation. (...) Seront sauvés Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit. Tout le reste doit être jeté à la poubelle. "
 (L'Herne 3, 1963).

 

 

 

 

 

 

 * George STEINER (écrivain et philosophe) : "... Même si je considère ses œuvres tardives, D'un château l'autre (1957) ou Nord (1960), comme encore des chefs-d'œuvre, je n'aurais jamais voulu le rencontrer. Il me dégoûte comme être humain. (...) Tous ces pamphlets horribles, c'est la nausée absolue, et je ne me force pas. Mais je sais quelle est l'importance de cet écrivain à qui on arrive parfois à pardonner beaucoup trop. Il y a ce soir-là, à l'ambassade d'Allemagne à Paris, où Céline s'est mis à imiter brillamment un discours de Hitler [NDLR : confusion avec Gen Paul, pour ce qui concerne l'imitation]. Son discours disait que Hitler n'était pas assez antisémite, qu'il était un faux antisémite, et qu'il allait perdre la guerre par manque de cran envers les juifs. Il y a eu un choc dans l'assistance, il paraît qu'une dame s'est évanouie, et on a littéralement saisi Céline au collet pour le faire sortir.

   C'était comme si, pour une seule nuit, Charlot et Buster Keaton réunis avaient pu montrer leur talent à Berchtesgaden. S'il existe un enfer, je crois que dans l'enfer où doit se trouver aujourd'hui Céline, il y a pour lui un tout petit moment d'air conditionné. L'espèce de courage de son mal était transcendant et lui permettait tout. Vous connaissez cette page, tirée de D'un château l'autre où, à Sigmaringen, Pétain traverse le pont devant toute sa cour et, étant très sourd, n'entend pas l'approche d'un avion anglais qui va mitrailler. Tout le monde essaie de se cacher, mais personne n'ose vraiment, parce que lui, Pétain, maréchal de France, marche très raide : c'est, je le regrette, une page shakespearienne. "
  (Le Monde de l'éducation, déc.1999, dans BC n°206, février 2000).

 

 

 

 

 

 

 * Maurice SZAFRAN (journaliste, directeur de Marianne): " Est-il seulement convenable de reconnaître pareille aberration dès lors qu'on prétend diriger un hebdomadaire culturel ? Je n'ai jamais lu Céline (...) L'idée même d'ouvrir un roman de Céline ou de Drieu me fait horreur. L'ordure a du talent ? Et après.  J'ai plutôt envie de m'intéresser au très catholique François Mauriac, à sa passion bordelaise et gaulliste, à ses interrogations sur la grâce du Christ.

  Il ne dispose pas de la folie créatrice d'un Céline ? Peut-être, mais il n'a jamais non plus souhaité que les enfants juifs soient gazés à Auschwitz. "
  (J'ignore Céline, L'Evénement du jeudi, 28 mai 2000, dans L'Année 2000, du Lérot Ed).

 

 

 

 

 

 

 * Charles SZYMKOWICZ (peintre du néo-expressionnisme) : " Si Céline est l'un des plus grands écrivains du siècle, par certains de ses livres, il est aussi une crapule. Et pour moi, la crapule l'emporte sur le grand écrivain. "
  (Le Journal-Le Peuple, 29 février 1996, BC n° 165, juin 1996).

 

 

 

 

 

 

 * Henri THYSSENS (libraire liégeois, spécialiste de Robert Denoël) : " Ne voyez-vous pas que Céline est encombré de ses " céliniens " purs et durs ? Des gens pas pressés de culture, uniquement préoccupés de posséder toutes les éditions du grand homme, y compris les japonaises, qui font leurs dévotions en de vaches colloques où brillent surtout les universitaires texans, et qui vont photographier les grilles de Meudon, là où rien ne se passe. "
  (BC oct. 1986).

 

 

 

 

 

 

* Claude VIGEE (né Claude Strauss, poète, universitaire, traducteur): " Je n'ai pas lu Céline depuis 30 ans. Son côté crapulard m'a toujours dégoûté. Malgré son grand talent, il me répugne. Je ne peux jamais oublier que cet homme a " dansé sur le cadavre " de notre peuple. Il est resté le complice de nos assassins.

  Il a mis son talent verbal au service de la violence, pour assouvir un ressentiment sans fond. Sa motivation principale est la vengeance pour des blessures d'amour propre. La bassesse d'âme a été sa source d'inspiration. "
  (Information juive, février 1987, dans Spécial Céline n°8, E. Mazet).

 

 

 

 

 

                                                         

 

                                                                          

 

 
 

 

 
 
 
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