BIENVENUE BIOGRAPHIE AUTEURS POLITIQUES MEDIAS REPERES TEMOIGNAGES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                  

                                                           JOURNÉES  CÉLINE...

 

 

 

                                                       Premières Journées céliniennes

                                                                        à PUGET sur ARGENS

 

 

 Sur la " Nationale 7 ", connue de toute la France grâce à Charles TRENET, entre FREJUS et Le MUY, ce petit village varois se retrouve à l'abri des flux des sur-populations estivales dans la basse vallée de l'ARGENS.
   Avec une population approchant les 7000 âmes, il s'étire en longues rues étroites et propose aux visiteurs vieilles fontaines et une porte-beffroi d'anciens remparts surmontée d'un campanile de 1775. Les majestueux pins parasols qui l'environnent et les clairs cours d'eau qui sillonnent sa campagne confèrent à ce site une douce sérénité propice aux belles promenades comme à la cueillette de fleurs sauvages...
       

                                                                                              

                                                                      

 

 

  * La RN 7

  * La porte-beffroi avec le campanile

  * L'Espace Victor Hugo

  * Fontaine de l'église.

 

 

 

 

                                                                                      PREMIERES  JOURNEES   CELINIENNES   à

                                                                                PUGET - sur - ARGENS  

                                                                                 les  12 - 13 et 14 JUIN 2009

 

                                                                  

        Il y avait bien longtemps que les réunions céliniennes, sorte de grands-messes, organisées et animées par mon ami Marc LAUDELOUT n'étaient plus, hélas, à l'ordre du jour.

    Le directeur du Bulletin célinien réussissait à regrouper à Paris comme à Bruxelles plusieurs centaines de participants, avides de nouveautés et de discussions-débats; rencontres entre passionnés avec grande librairie et les ouvrages dédicacés par les conférenciers... Cela manquait, cela me manquait...

   Ensemble, nous en avons discuté, nous avons pesé et soupesé l'opportunité de renouveler une telle initiative, avec une gageure : dans un petit village à 800 kms de Paris.

 - " C'est en Ile-de-France que le Bulletin compte le plus d'abonnés, et c'est sans doute en Provence qu'il en compte le moins ! Et puis tu sais, mon cher Michel, il faut d'une part, convaincre les invités d'effectuer un long déplacement en train ou en voiture, et d'autre part, il sera difficile de faire venir les céliniens de toutes les autres régions... "

     Peut-être... Et la décision fut prise. L'été prochain, en juin, pour éviter les flux bien connus de juillet-août sur notre Côte d'Azur, nous organiserons les " Premières Journées céliniennes " à Puget-sur-Argens. Nous étions en décembre, quelques jours avant les fêtes de fin d'année. Elles s'étaleront sur trois jours : le vendredi, destiné à une prise de contact en fin d'après-midi, avec, le soir, un dîner pour les premiers arrivants ; le samedi consacré au colloque proprement dit, de 10h à 19h, terminé par un repas gastronomique aux alentours de 20h30 et enfin le dimanche réservé à la détente et au tourisme dans ce merveilleux département du Var si couru par nos estivants.

  J'écrivais alors sur le petit programme prévu pour chaque participant: - " C'est avec une ambition beaucoup plus mesurée que nous avons voulu retrouver, renouveler cet esprit, cette chaleureuse amitié, en tentant de réussir une gageure : marier tourisme, littérature et gastronomie sur un week-end, à Puget-sur-Argens, ce petit village varois... "   

  Et les cinq bons mois qui nous séparaient des 12, 13 et 14 juin 2009, n'ont pas parus trop longs, tant il a fallu courir après les chambres d'hôtes, les hôtels, les trains, les horaires, pour nos éminents invités comme pour nos participants. La réussite étant au rendez-vous, tout cela est bien vite oublié. Marc LAUDELOUT me fit observer un soir qu'il n'était pas passé un seul jour durant ces cinq mois sans que nous échangions au moins trois mails ou plus pour avancer dans notre organisation, pour préciser, confirmer soit une venue, un horaire ou bien une réservation...

 

   Et en effet voici le magnifique programme qui fut présenté ce samedi 13 juin:

 

- 10h : Ouverture des portes , salle Roger LEGRAND .

           Librairie célinienne : Jean-Pierre LAPEYRE, bouquiniste niçois

                           Marc LAUDELOUT, nouveautés, biographies, colloques, annales, Bulletins céliniens etc...

 

- 12h15 -12h30 : Buffet sous chapiteau offert généreusement par la municipalité aux participants.

 

- 14h : Allocution de bienvenue par Marc LAUDELOUT, directeur du Bulletin célinien.

                           Nicole DEBRIE : Céline et l'individuation.

                           François GIBAULT : L.F. Céline et Jean Dubuffet.

                           Pierre LAINE : Joseph Garcin, Marcel Lafaye et Céline.

                           Paul YONNET : Une lecture de Voyage au bout de la nuit.     

 

            Textes lus : Patrick FERRETTE.

 

          Théâtre : extrait du spectacle de Christophe BAJARD, ( " Courtial " , adaptation de Mort à crédit ).

 

          Projection d'un film documentaire sur Céline : " Céline, une légende, une vie ".

 

          Librairie célinienne. Séance de dédicaces.

 

          Table ronde sur Céline avec nos invités, animée par Marc LAUDELOUT.

 

- 20h30 : Repas gastronomique. Rendez-vous à la brasserie Casanova, parking " Carrefour ".     

   

 

                                                 

                          Propos de bienvenue du premier magistrat 

                                                                          

                                                                                                  

 

 La salle, une soixantaine de personnes                                                                                              Jean-Pierre Lapeyre le bouquiniste.

 très attentives.

 

 

                                                  

12h30, le Maire va donner le la pour le buffet,                                                                                                       Allocution de bienvenue de Marc

Marc Laudelout, Pierre Lainé et Gilles Naudou                                                                                                        Laudelout. 

devant la salle Roger Legrand.

 

 

   Se succédèrent ensuite nos brillants invités devant une salle ravie de l'accueil très chaleureux du Maire : " Il est rare, souligne Marc LAUDELOUT, qu'une initiative célinienne soit aussi favorablement accueillie par les autorités. Céline n'a guère l'habitude d'être ainsi traité par les représentants de l'Etat français. "

 

 

 

  Nicole DEBRIE : Licence de philosophie, de psychanalyse et certifiée d'ethnologie. Auteur de " Céline " (édition Emmanuel Vitte, 1961). " Il était une fois Céline. Les intuitions psychanalytiques dans l'œuvre célinienne " (édition Aubier, 1990). " Quand la mort est en colère. L'enjeu esthétique des pamphlets céliniens " (chez l'auteur, 1997).

 

 


 

 

 


François GIBAULT
: Avocat pénaliste réputé, né à Paris en 1932, a été mêlé à divers grands procès (l'attentat du Petit-Clamart, l'affaire Ben-Barka, l'OAS, Bokassa, Yann Piat etc...). Conseil de la veuve de Louis-Ferdinand Céline, auteur d'une grande biographie (en trois volumes) sur l'écrivain. Président de la Société des Etudes céliniennes et de la Fondation Dubuffet. Officier de l'Ordre de la Légion d'honneur. Il vient de terminer son troisième roman, " Un nuage après l'autre ", et prépare l'édition de la correspondance de Céline avec le pasteur Lochën.
 


 

 

 

 

 Pierre LAINÉ : Universitaire, auteur d'une thèse de doctorat " De la débâcle à l'insurrection contre le monde moderne. L'itinéraire de Louis-Ferdinand Céline (1982) " et éditeur de la correspondance de l'écrivain à Joseph Garcin, l'un des modèles de Bardamu (librairie Monnier, 1987). Auteur d'un " Céline " paru en 2005 dans la collection " Qui suis-je ? " des éditions Pardès.

 


 

 

 

 

 Paul YONNET : Né en 1948, sociologue et essayiste français, spécialiste du sport, des loisirs et de la mode. Ses travaux portent sur la psychologie, la sociologie, l'anthropologie ou l'histoire. A publié : " Jeux, modes et masses " (1985), " Voyage au centre du malaise Français " (1993), " François Mitterrand le phénix " (2003), " La montagne et la mort " (2003). Il dédicacera son tout dernier livre " Le testament de Céline " éditions Bernard de Fallois.


 

 

 

 

 Christophe BAJARD : Assureur et comédien amateur, passionné de Louis-Ferdinand Céline, ce niçois a monté une adaptation d'extraits de Mort à crédit ( Courtial des Pereires). Joue pour nous cette partie des plus hilarante de l'œuvre.

 

 


 

 

 

Puis Patrick FERETTE, un habitué des " journées céliniennes ", lui aussi comédien amateur , chirurgien-dentiste de son métier, passionné par le théâtre et Céline nous a interprété des passages de Casse-pipe où nous étions dans les murs de la caserne... Nous vivions les scènes époustouflantes de réalisme et de drôlerie où intervenaient le sergent Rancotte et Le Meheu, où le mot de passe perdu était dans tous les esprits au milieu des jurons, de tonnerre, de chevaux et de merde...

 

 

 

 

 Une pause, un entracte où des boissons fraîches attendaient nos participants, permit à chacun de se précipiter sur notre bouquiniste niçois et sur le stand du Bulletin célinien. Tous avaient en pensée la séance de dédicaces annoncée pour la fin de journée. La biographie de François GIBAULT avec ses trois tomes, " Le testament" de Paul YONNET ainsi que les " dernières sorties " proposées par le BC changèrent vite de mains...

  En reprenant son siège, c'est l'émotion qui traversa l'assistance dès qu'apparut à l'écran " Céline, une légende, une vie " cet exceptionnel film documentaire où se succédèrent les témoignages d' Eliane BONABEL, de Michel SIMON, d' ARLETTY, d' André WILLEMIN, de Louis PAUWELS, du pasteur François LOCHEN ou de Jean POMMERY...

   Ces images bouleversantes que la plupart d'entre nous découvraient à peine détachées de notre vue, Marc LAUDELOUT, l'organisateur hors pair et métronome donnait le coup d'envoi de la grande " table ronde ". Il demandait que viennent le rejoindre sur la scène, François GIBAULT, Pierre LAINE et Paul YONNET. 

 

 

 

 

 

 

                                            
 

 De g.à d.:F.Gibault, P.Lainé,P.Yonnet,M.Laudelout                                                                                                                                                                                                                                                                                         La salle sous le charme.

 


 

    Il était 19h30 environ quand nos invités s'installèrent derrière leurs livres, prêts pour la séance de dédicaces. Le hall décoré en affiches céliniennes, semblait bien trop petit pour contenir près de soixante-dix personnes, conquises et devenues électriquement acheteuses. 

 

 


 

                                                                        

 

                                                                                       

 


 

De g.àd.:JF.Moissin (adjoint),P.Lainé,M.Laudelout,M.Mouls,F.Gibault,P.Yonnet                                                                        Hall décoré " célinien "...

 

 

 

  La journée avait été longue pour les " céliniens " qui depuis 10h , ouverture de la librairie, n'avaient pas quitté la salle " Roger Legrand ". Nous approchions alors des 20h.

     Emplis d'images fortes, d'émotions rentrées, de souvenirs confirmés à nouveau, riches des livres, brochures, biographies, disques, affiches achetés et pour certains de bustes céliniens, tous les participants, reprenant leurs esprits au-dehors, ne pensaient plus dès lors qu'à se retrouver à la " grande brasserie Casanova " pour ce repas gastronomique tant vanté.

   Ils ne furent pas déçus. Un somptueux apéritif, suivi de plats typiquement méditerranéens les attendaient. Se mélangeaient pour les plus fins palais, croustades d'agneau, piperades, darnes de saumon au fenouil avec les desserts : tiramisus, crumbles, aumônières de fruits...

  Le pari était tenu. Il était donc possible de réunir, à 800 kms de la capitale, et depuis toutes les régions de France, une soixantaine de  " céliniens " afin qu'ils viennent communier, une fois encore autour d'une belle table, en Provence, avec celui qui détestait la chaleur, le soleil, et qui n'a de toute sa vie, bu que de l'eau...   

     L'écho de cette réussite fut portée à la connaissance des varois: le journal régional, Var-Matin mentionnait le 23 juin suivant sous le titre " Littérature " l'article suivant :
 

 

                                                                                  SUCCES DES RENCONTRES DEDIEES à CELINE.

     Venus de la France entière, de Belgique de Suisse ou d'Italie, les amateurs de Louis-Ferdinand Céline, l'écrivain français le plus traduit aujourd'hui dans le monde, ont été ravis de leur journée pugétoise.

   La librairie ouverte dès 10 heures a été très vite animée, l'accueil et l'apéritif du maire, sous un petit chapiteau, très appréciés des nombreux participants qui à midi, pouvaient se compter au nombre d'une cinquantaine. A partir de 14 heures, dans une salle Roger-Legrand bien remplie, se sont succédé les conférenciers : Nicole Debrie, François Gibault, Pierre Lainé et Paul Yonnet.

    Leurs interventions harmonieusement entrecoupées de textes lus par Patrick Ferrette, ou de moments de théâtre proposés par Christophe Bajard, ont obtenu un grand succès. La projection du film documentaire " Une légende, une vie " a été le point d'orgue de ce magnifique après-midi qui s'est conclu par une table ronde magistralement animée par Marc Laudelout.

 

 (Je tiens à remercier chaleureusement Laurent MION, le technicien et le photographe, grâce à qui nous devons la réussite de cette manifestation).
 

 

 

                                                                                                                          ***************************
 

 

 

  Lorsque mon vieil ami Michel Mouls me proposa d'organiser une réunion célinienne dans son village de Puget-sur-Argens (Var), j'avoue que j'ai hésité. Au siècle précédent, la fameuse " Journée Céline " eut toujours lieu à Paris face à un public d'une centaine de personnes. Logique : c'est en Ile-de-France que le Bulletin célinien compte le plus d'abonnés. Et c'est sans doute en Provence qu'il en compte le moins. Y organiser ces " Journées de Rencontres céliniennes " relevait donc de la gageure. D'autre part, il fallait convaincre les invités d'effectuer un long déplacement en train ou en voiture : François Gibault (Paris), Pierre Lainé (Bretagne) et Paul Yonnet (Normandie) acceptèrent sans barguigner ; Nicole Debrie (Hyères) vint en voisine.

 D'autre part, il fallait faire venir les céliniens de la région mais aussi d'ailleurs. Pari tenu : une cinquantaine de personnes assistèrent à notre journée alors qu'on en espérait une trentaine. Certains vinrent de villes voisines, (Fréjus, Sainte-Maxime, Nice, Vallauris...) d'autres de beaucoup plus loin (Bruxelles, Anvers, Genève, Lille, Paris...).

 L'idée du cher Michel Mouls consistait à étaler cette rencontre sur trois jours : le vendredi destiné à une prise de contact (un dîner réunit les premiers arrivés le soir) ; le samedi consacré au colloque proprement dit ; et le dimanche voué à la détente et au tourisme dans ce superbe département provençal. Quelques abonnés, venus de loin, en profitèrent pour y rester au-delà du week-end.

  La municipalité de Puget-sur-Argens mit à notre disposition une belle salle et offrit un généreux buffet aux participants : il est rare, soulignons-le, qu'une initiative célinienne soit aussi favorablement accueillie par les autorités. Mieux : le maire en personne, M. Paul Boudoube, ouvrit le colloque par une allocution chaleureuse et nuancée à l'égard de l'écrivain. Concédons que Céline n'a guère l'habitude d'être ainsi traité par les représentants de l'Etat français !

  Les participants ont eu la gentillesse de me dire l'intérêt qu'ils avaient trouvé à cette journée. Je crois pouvoir le dire moi-même : que ce soit Nicole Debrie (sur Céline et l'individuation), François Gibault (sur un étonnant parallèle entre Céline et Dubuffet), Pierre Lainé (sur Joseph Garcin et Marcel Lafaye, modèles biographiques de Cascade et de Bardamu) ou Paul Yonnet (sur sa lecture de Voyage au bout de la nuit), tous ont su captiver le public par leurs connaissances et propos pertinents sur le sujet. La projection du film " Une légende, une vie " (1976), une table ronde sur le thème " Céline aujourd'hui " et une grande librairie célinienne (proposant éditions originales, raretés, mais aussi livres neufs) complétèrent ce robuste programme qui se clôtura, le soir, par un repas gastronomique.

  L'avenir dira si cette initiative sera renouvelée. La preuve est en tout cas faite que, loin de la capitale, une réunion célinienne peut être organisée avec succès. Que tous ceux qui nous ont aidés, Michel Mouls et moi, à la mettre sur pied trouvent ici l'expression de nos vifs remerciements (1).

 (1) Notamment Patrick Ferrette, remarquable lecteur de textes (de Céline, Jean Dubuffet et Paul Yonnet), et Jean Lapeyre, bouquiniste niçois qui nous aida à proposer une librairie bien achalandée en livres de et sur l'écrivain. (BC n°310, juillet-août 2009).

 

 


 

                                                                                                       ************************

 

 

 

 

  Tout l'historique des " JOURNÉES CÉLINE " restait à être retracé...

 On va pouvoir suivre ces moments si forts, si conviviaux, où une  assistance - composée jusqu'à près de 200 personnes - pouvait communier en compagnie des plus brillants exégètes, avec textes, projections, théâtre, interviews, librairie, retraçant la vie et l'œuvre de l'anachorète de Meudon.

 

 

  18 NOVEMBRE 1989  -  1ère Journée CELINE à Bruxelles.

 

 Elle fut un incontestable succès. Et portant organiser dans la capitale belge cette première assemblée des lecteurs du B.C. relevait de la gageure. Il faut, en effet, rappeler que 80 % de nos abonnés sont français. Encore fallait-il donc qu'ils répondent à notre invitation et n'hésitent point à franchir la frontière pour nous rencontrer.

  Grâce à eux notre initiative fut récompensée puisque c'est une bonne soixantaine de personnes qui assistèrent à cette première rencontre. Certains vinrent de très loin, comme M. Hubert Bernabé (Toulouse) qui a bien voulu, en outre, nous faire part de sa satisfaction : " Je garde un excellent souvenir de votre accueil à Bruxelles. Pierre Monnier a évoqué avec beaucoup de naturel et d'émotion son amitié avec Céline. Il me semblait, par instant, sentir la présence de notre écrivain, tant ses propos étaient chaleureux et sympathiques. Paul Chambrillon est resté anecdotique mais néanmoins très intéressant. Les deux films visionnés m'ont procuré un choc et une grande joie. En effet, j'ai découvert Céline " en vie ", " en image ", truculent, ironique, railleur, touchant... et fantastiquement pertinent, humain et désabusé, tel Bardamu-Ferdinand, celui de l'œuvre et qui lui est très proche. "

  Dans l'assistance, on releva la présence de l'écrivain Jean Mabire, des céliniens hollandais Michel Uyen et Peter Altena, d'Eric Croënne, président du Cercle Cadoudal, et de Pierre-Marie Miroux qui vient de soutenir une remarquable thèse, à l'Université de Lille, sur " La mort dans l'œuvre de Céline ". Remercions aussi Henri Thyssens, " le premier libraire célinien de Belgique ", qui proposa à cette occasion divers ouvrages de et sur Céline, dont certaines raretés qui firent la joie des amateurs.

  Rendez-vous est d'ores et déjà pris pour un deuxième rendez-vous cette année. 
   (BC n°89, janv. 1990).

 

 

 

 

  22 MARS 1991 - 2ième Assemblée des lecteurs du Bulletin célinien à Paris.

 

 A 19h30, conférence de Jean Bastier " Louis-Ferdinand Céline, le cuirassier blessé " -  Entretiens de Céline avec Louis Pauwels et Pierre Dumayet - Table ronde " Céline, 30 ans après " (Alphonse Boudard, Paul Chambrillon, Pierre Monnier, ... ) Adresse : Maison des Mines (270 rue Saint Jacques, Paris Vème).

 Le programme de cette soirée est varié à souhait. Il commencera par une conférence de Jean Bastier, professeur agrégé des Facultés de droit et enseignant l'histoire économique et l'histoire des idées politiques à l'Université des sciences sociales de Toulouse. Il est également devenu un spécialiste de l'histoire de la guerre de 1914-1918. Travaillant sur des sources inédites, il a publié en 1989 un remarquable Pierre Drieu la Rochelle, soldat de la Grande Guerre (éd. Albatros) salué par la critique. Il prépare actuellement un ouvrage analogue sur Louis-Ferdinand Céline, le cuirassier blessé qui sera naturellement le thème de sa causerie.

  Hormis les lecteurs qui firent en 1989 le déplacement à Bruxelles, rares sont certainement ceux qui ont vu dans leur intégralité les deux seuls entretiens que Céline eut avec la télévision française - Louis Pauwels et Pierre Dumayet - diffusés naguère sur la Sept, chaîne très peu reçue dans les foyers français. Aussi, avons-nous pensé intéressant de les rediffuser à cette occasion. Ce sont deux documents exceptionnels, l'un tourné à Meudon, l'autre dans les studios de la télévision française.

 La soirée se terminera par une table ronde dont le thème sera " Céline, trente ans après ". Alphonse Boudard, Paul Chambrillon et Pierre Monnier nous ont déjà assuré de leur présence. D'autres participations ne sont pas exclues et ces auteurs dédicaceront leurs livres à l'issue de cette assemblée. Il est également à noter que notre ami Henri Thyssens tiendra une petite librairie célinienne proposant différentes éditions - rares pour la plupart - de Céline.

 Cette soirée est, rappelons-le, organisée en collaboration avec le Centre culturel Horizons, dirigé par Eric Croënne, sans lequel, il faut le souligner, elle n'aurait pu avoir lieu dans la capitale française.

 

                                                                                                                                    ***

 

  La salle de la Maison des Mines était comble, ce vendredi 22 mars, pour notre 2ième Assemblée de lecteurs. Vous étiez environ 200, parmi lesquels on releva la présence de plusieurs écrivains et journalistes : Jean Mabire, Micheline Peyrebonne, Emmanuel Ratier, Serge Thion et Claude Adam, président de l'Union des Intellectuels indépendants. Des personnalités du spectacle étaient également présentes : Daniel Ivernel, Isabelle Gaumet, Jean Saudray (qui préparent un spectacle sur Proust et Céline), et André Dunand, l'interprète de " L'extraordinaire épopée de Ferdinand Bardamu ".

  Après avoir prononcé le traditionnel message de bienvenue, Marc Laudelout présenta le conférencier, Jean Bastier, professeur agrégé à l'Université des Sciences sociales de Toulouse, qui prépare actuellement un ouvrage d'envergure sur Céline, le cuirassier blessé. C'est en quelque sorte la primeur de ce livre qu'il nous donna avec un exposé vivant, rigoureux et précis de ce que fut la Grande Guerre de Louis Destouches, maréchal des logis au 2ième régiment de cuirassiers. C'est aussi avec beaucoup de sensibilité, voire même de compassion que Jean Bastier évoqua ces combattants d'une guerre atroce, " universelle moquerie " comme l'a si cruellement écrit Céline dans Voyage au bout de la nuit.

  Grâce à des sources militaires inédites, Bastier a retrouvé quelques uns des modèles des personnages figurant dans la première partie du roman, et ce n'est pas assurément le moindre intérêt de cette recherche.

  Une pause permit ensuite à Jean Bastier, Alphonse Boudard, Nicole Debrie et Paul Chambrillon de dédicacer leurs ouvrages. Les participants eurent également l'occasion d'assiéger la librairie célinienne tenue par Henri Thyssens à l'occasion de cette soirée.

  Vint ensuite la projection des deux entretiens avec Pierre Dumayet (1957) et Louis Pauwels (1959). Moments extraordinaires que ceux-là et qui provoquent toujours chez les spectateurs l'émotion, le rire et... des applaudissements nourris. Pour certains, c'était d'ailleurs la première fois qu'ils avaient l'occasion de voir ces documents dans leur intégralité. Puissent-ils être commercialisés dans un proche avenir afin que tous les céliniens aient la possibilité de les découvrir. Une observation, au passage : dans sa présentation, Marc Laudelout rappela qu'en dix ans (1951-1961), la télévision française ne s'intéressa que deux fois à Céline. Encore faut-il signaler que le M.R.A.P. (déjà !), réussit à faire interdire la diffusion du second entretien qui ne passa sur les ondes que bien des années plus tard. Et, en cette année du trentenaire de la mort de Céline, il n'est sans doute pas inutile de rappeler qu'en juillet 1961 la télévision française dut se résoudre à ne pas programmer le reportage prévu dans ses " Actualités ", censure oblige.

  Après une seconde pause, la soirée se conclut par une Table ronde organisée autour du trentenaire. Jean Bastier, Serge Perrault, Alphonse Boudard, Paul Chambrillon et Pierre Monnier apportèrent qui leur témoignage sur l'homme qu'ils ont connu, qui leur appréciation de l'œuvre, et ce de manière vivante et sensible. Ici encore, le public ne ménagea pas ses applaudissements aux intervenants ainsi qu'à Eric Croënne, président du Cercle culturel Horizons, sans lequel cette réunion n'aurait pu se tenir à Paris. L'expérience ayant été heureuse, les co-organisateurs se sont promis de la rééditer l'année prochaine.
  (BC n° 104, mai 1991).

 

 

 

 

  23 MAI 1992 - 3ième Journée CELINE à Bruxelles.

 

  C'est par un soleil radieux que Bruxelles accueillit les participants à la 3ième Journée-Céline organisée par le Bulletin célinien. Sans doute est-ce le beau temps cumulé à la distance (la majorité des abonnés étant Français) qui dissuadèrent beaucoup d'entre eux de faire le déplacement jusque Bruxelles. Car, il faut bien le dire, ce samedi 23 mai, vous étiez nettement moins nombreux - une quarantaine, environ - que l'année passée à Paris, où la salle des Mines, rue Saint-Jacques, était comble. Il faudra certes en tirer les conclusions pour la prochaine édition, mais nous n'en sommes pas encore là.

  Cette fois, c'est l'Hôtel Bedford, rue du Midi, qui nous hébergea dans son très beau cadre et ce sont deux librairies - Dismas et La Sirène - qui nous firent l'amitié d'être des nôtres. De nombreux livres de et sur Céline étaient proposés dont la plaquette reprenant cet étonnant reportage (signé Karin Hatker) à Sigmaringen en 1944, dont nous vous avons signalé la parution dans notre précédent numéro et que présentait pour la première fois l'équipe de Dismas.

  Après le traditionnel message de bienvenue prononcé par Marc Laudelout - qui indiqua que cette réunion se tenait à quelques mètres de la place Rouppe où eut lieu en juillet 1873 l'altercation entre Rimbaud et Verlaine -, le directeur du Bulletin célinien présenta le film D'un Céline l'autre réalisé en 1969 par Yannick Bellon (avec des reportages de Michel Polac et Michel Vianney). Au cours de la première partie de ce film, les participants eurent l'occasion de voir et d'entendre ceux que l'on peut qualifier de céliniens " historiques ", dont la plupart nous ont quittés : René Barjavel, Marcel Brochard, André Willemin et Dominique de Roux. On eut également l'occasion d'entendre les interventions, plus brèves, de Michel Simon ou de Pierre Lazareff, dont l'admiration qu'il avait pour Céline constitua une surprise pour beaucoup.

  Cette projection fut immédiatement suivie d'un entretien à bâtons rompus de Marc Laudelout avec Serge Perrault, auteur de Céline de mes souvenirs qui vient de paraître aux éditions du Lérot. D'entrée de jeu, le danseur étoile émérite de l'Opéra de Paris confia son émotion suite à la vision de ce document dans lequel il apparaît d'ailleurs en compagnie du docteur Willemin, tous deux filmés voici plus de vingt ans. Ce fut également pour lui l'occasion d'évoquer en termes sensibles et justes la figure de Mme Almansor-Destouches qui apparaît également à plusieurs reprises dans ce film. A travers ses propos, on percevait la force des liens d'amitié qui le lient à " Lucette " depuis un demi-siècle.

 Ensuite, Serge Perrault fut plus particulièrement interrogé sur la passion de Céline pour la danse et... les danseuses. Il en parla avec beaucoup d'intelligence, replaçant cette fascination du monde de la danse dans un cadre plus vaste qui est celui de l'esthétique célinienne, voire même sa conception de vie idéale. Perrault fut également amené à livrer son jugement sur les ballets et autres textes de Céline pour la danse. Si littérairement il les trouve d'une grande beauté, son appréciation est, en revanche plus réservée quant à leur possibilité d'être adaptés à la scène. Un poète n'est pas forcément un professionnel de l'écriture scénographique. Notre invité d'honneur évoqua enfin l'homme-Céline qu'il connut dès 1941, et le moins que l'on puisse dire est que l'image qu'il en a conservée tranche singulièrement avec les mythes et légendes entretenus par d'aucuns qui, eux, ne l'ont jamais rencontré, ou très épisodiquement.

  Nous étions particulièrement heureux de compter Serge Perrault parmi nous cet après-midi tant la personnalité de cet homme probe et modeste est attachante. Qu'il trouve ici l'expression de notre chaleureuse gratitude.

  Une pause permit ensuite aux amateurs d'assiéger les stands de La Sirène, de Dismas et du Bulletin célinien. Cet intermède fut suivi par la projection de la seconde partie du film D'un Céline l'autre dans laquelle interviennent Gen Paul (extraordinaire témoignage), Jean Pommery, Michel Audiard - eux aussi disparus, hélas - et d'autres, heureusement bien vivants, tels nos amis Alphonse Boudard et Jean Guénot.

  Une fois encore, croyons-nous, Le Bulletin célinien offrit à ses abonnés un important document filmé, d'autant que ce film est émaillé d'extraits de la mémorable interview avec Louis Pauwels réalisé en 1959 à Meudon.

  Pour clore cette journée, dont la date coïncida presque avec l'anniversaire de la naissance de Céline, les participants furent conviés à écouter une Table ronde sur le thème " Céline aujourd'hui ". Elle réunit une brochette de céliniens patentés : Michaël Donley, Eric Mazet, Marc Hanrez, Pierre Monnier, Pierre Duverger, Serge Perrault et Paul Chambrillon, excusez du peu ! (Nicole Debrie, empêchée, s'était fait excuser). Les cinq derniers cités ayant en outre comme caractéristique commune le privilège d'avoir connu Céline et donc de pouvoir témoigner. Et tous avaient en commun - sans pour autant verser dans l'hagiographie - de ne pas considérer Céline comme un " salaud " ou une " ordure " comme d'aucuns ont aujourd'hui tendance à associer ces mots avec celui de " génie littéraire " ou " d'écrivain majeur de ce siècle ".

  Cela étant dit, il apparaît difficile de vouloir résumer ici cette Table ronde tant elle fut foisonnante et riche d'appréciations diverses. Car bien des points furent abordés dont naturellement la place qu'occupe désormais Céline dans la littérature universelle et les raisons qui suscitent cet intérêt renouvelé et même intensifié auprès des nouvelles générations. On s'interrogea également sur ce qui constitue l'importance de l'écrivain : poète, romancier novateur mais aussi visionnaire et prophète de la décadence. Les personnalités invitées furent également questionnées sur leur évolution personnelle dans l'appréciation de l'œuvre et les découvertes qu'ils font encore aujourd'hui en le relisant. Des aspects significatifs de l'actuelle réception de l'œuvre furent également abordés, telle la polémique suscitée par la préface de Philippe Sollers aux Lettres à la N.R.F. ou encore le refus de classement de la maison de Céline dont il est à nouveau question dans ce numéro.

 Le Bulletin célinien tient à exprimer ses remerciements à tous ceux qui ont fait de cette Journée-Céline une réussite : Alain Aelberts et Jean-Jacques Auquier, Henri et Jeanine Thyssens, Marc Van Besien, Robert Steuckers, Ralf Van den Haute, Florent et Yvonne Morési. A tous, merci !
   (BC n°118, juillet 1992
).

 

 

 

 

   30 AVRIL 1994 - 4ième Journée CELINE à Paris.

 

  Grande Journée Céline organisée par Le Bulletin célinien, ce samedi 30 avril 1994 de 14h 30 à 20 heures au Musée social , 5 rue Las Cases, Paris 7ème (métro : Solférino).

 Si notre Journée annuelle fut très confraternellement annoncée dans la presse française, du Quotidien de Paris à la Quinzaine littéraire en passant par Monde et vie et Rivarol, seul ce dernier en a publié un compte-rendu sous le titre " Une journée buissonnière autour de Céline " (9 mai 1994). Comment mieux donner aux absents le taraudant regret de n'avoir pas assisté à notre réunion qu'en reproduisant ici cet article généreux ?... Et susciter chez eux la ferme volonté de ne pas rater la prochaine qui se tiendra également dans la capitale française.

 " La vraie littérature des maîtres, c'est la littérature des camarades. " La jolie formule de Pol Vandromme pourrait résumer à merveille l'esprit de franche complicité dans lequel s'est tenue la Journée Louis-Ferdinand Céline au Musée social à Paris, le samedi 30 avril, à l'initiative du Bulletin célinien, animée par Marc Laudelout, à l'occasion du centenaire de la naissance de l'écrivain. En dépit d'une journée estivale peu propice à ce genre de rassemblements, cet anniversaire fut un franc succès.

  Près de trois cents personnes - certaines venues de fort loin - ont assisté aux diverses réunions et projections de films. Ainsi ont-elles pu voir ou redécouvrir le fameux entretien de Pierre Dumayet avec Céline dans Lectures pour tous (1957) ou encore, celui plus inattendu du jeune Louis Pauwels (1959).

  Marc Laudelout a d'ailleurs pu annoncer que ces films seront repris dans le cadre d'une soirée sur Arte, consacrée à Céline, prévue pour le 23 mai. Avant la " Table ronde " animée par quelques fervents pionniers de la critique célinienne, nombreux furent ceux qui ont assailli la " boutique Céline " où étaient vendus des revues, des cassettes, des cartes postales et des livres rares plus ou moins connus sur l'écrivain né à Courbevoie voici cent ans.

  Autour des céliniens avertis que sont Jacques d'Arribehaude, Jacqueline Morand, Jean Caillandreau, Eric Mazet, Pierre Monnier, Paul Chambrillon, Stéphane Zagdanski (1), dont certains sont des collaborateurs du Bulletin, l'après-midi a pris un tour plus jovial, voire farceur, ce qui ne semblait pas du tout déplaire à Marc Laudelout, content que cette " Table ronde " échappe à tout académisme. C'est donc dans une ambiance presque " dadaïste " que les " conférenciers ", qui l'étaient si peu par tempérament, ont décliné avec ferveur leurs rencontres avec Céline. Au milieu de cette joyeuse troupe, trônait le remuant Zagdanski, auteur du très controversé Céline seul (Gallimard, 1993), qui n'a pu s'empêcher de nous révéler avec des airs de conspirateur, la sortie prochaine d'un essai de son copain Nabe - qui lui aussi multipliait les pitreries - sur Lucette Destouches (NDLR : Par égard pour elle, nous censurons ici les inopportunes précisions de Zagdanski rapportées par notre confrère). Pierre Monnier, auteur de Ferdinand furieux, devait apporter, tout comme Jacques d'Arribehaude, un témoignage précieux sur l'homme que fut Céline.

  Après un excellent extrait de Casse-pipe, par le théâtre de la Baraque Foraine, ce vagabondage célinien s'est joyeusement terminé au restaurant Le Saint-Germain par un dîner présidé par l'auteur des Pendules à l'heure, ultime récréation d'une journée indiscutablement placée sous le signe de l'amitié grâce au talent et à la force de conviction de Marc Laudelout qui connaît bien son petit monde. "
  (Guillaume Lagerbe, BC n°141, juin 1994).

 (1) Alphonse Boudard, également pressenti mais malheureusement souffrant ce jour, ne put être de la fête. A préciser qu'entre la projection du film et la table ronde, eut lieu un récital de textes (Petite musique de jour et de nuit) dits par Yves-Jacques Bouin et judicieusement choisis par Dominique et Alain Ajax. Celui-ci est également l'auteur du texte, sobre, sensible et juste, de La Chanson de Ferdinand (musique : Lino Léonardi) qui fut interprétée par l'artiste et créée à cette occasion. Les organisateurs tiennent à présenter leurs excuses publiques à l'artiste ainsi qu'à Alain Ajax pour avoir dû, " timing " oblige, écourter cette prestation d'une manière quelque peu... hardie... Nostra culpa !

 

 

 

 

  20 MAI 1995 - 5ième JOURNEE CELINE à Paris.

 

  Organisée par Le Bulletin célinien, le samedi 20 mai 1995, de 15h à 19h. I.F.G. (salle jean Benoît) 37 quai de Grenelle, Paris 15ème (métro Bir-Hakeim). Invité d'honneur : Alphonse Juilland. Salle climatisée.

  Ce numéro sera centré sur notre Journée Céline. Plusieurs d'entre vous ont eu l'indulgence de nous dire qu'elle fut réussie. Si ce fut le cas, c'est essentiellement grâce à la présence des personnalités qui nous firent l'honneur d'y participer : le professeur Alphonse Juilland, Pierre Monnier, Arina Istratova, Marcella Maltais et Pierre Chalmin. Qu'ils soient à nouveau remerciés de leur amicale contribution. Il convient de ne pas oublier le public attentif et enthousiaste (200 personnes environ) qui leur réserva un accueil chaleureux. Si la presse annonça avec générosité notre manifestation, Guillaume Lagerbe, fidèle et amical, fut, comme l'an passée, le seul à en rendre compte dans la presse.

 " Je suis surtout venu à Céline à travers ses pamphlets et notamment L'Ecole des cadavres ", a confessé devant un auditoire passionné le professeur Alphonse Juilland (1), spécialement venu de Californie à l'occasion de l'après-midi Céline organisée par Le Bulletin célinien de Marc Laudelout, quai de Grenelle, le 20 mai. Le ton de cette petite réunion d'amateurs du Voyage était donné (2).

 Du sérieux, certes, mais rien de professoral. Très attendu, Juilland a raconté comment, à force de persévérance - il y a mis presque dix ans - il était parvenu à retrouver aux Etats-Unis, Elizabeth Craig, la dédicataire du Voyage au bout de la nuit qui a tant compté pour Céline. L'émotion fut au rendez-vous quand Pierre Monnier, l'auteur de Ferdinand furieux, l'un des très rares amis de Céline à ne pas s'être fâché à un moment ou à un autre avec le maître, évoqua la solitude de l'écrivain après 1945...

  L'après-midi ne fut pourtant pas que célinienne... Pour prouver que le Bulletin s'intéresse aussi aux jeunes talents, Marc Laudelout avait invité Pierre Chalmin, auteur au Dilettante d'un roman étonnant Le Petit Crevé où, à travers une éducation sentimentale singulière, l'on retrouve l'influence de Balzac, de Bloy, et bien sûr de Céline. Cette promenade autour de Destouches s'est poursuivie avec la projection de plusieurs documents filmés dont le célèbre entretien avec Pierre Dumayet, au cours duquel l'auteur d'Un château l'autre se livre à un extraordinaire numéro de cabotinage à la Dali.

  Quelques minutes avant, Gen Paul avait évoqué le Céline patriote jusqu'au bout des ongles, fier de porter sa Médaille Militaire... Les plus chanceux des céliniens ont achevé cette journée buissonnière au restaurant Ma Bigorre en présence de Colette Destouches - la fille de l'écrivain - et de la femme de Gen Paul. (Guillaume Lagerbe).

 (1) Encore faut-il préciser que c'est la richesse de la langue et du vocabulaire céliniens qui éblouirent alors le jeune Juilland.

 (2) Nombreuses furent les personnalités à assister à notre Journée. Outre la présence de Colette Destouches-Turpin et celle de Gaby Gen Paul, citons quelques céliniens patentés qui nous firent l'amitié d'être présents (André Bernot, Françoise Brégis, Paul Chambrillon, Nicole Debrie, Michaël Donley, Eric Mazet, Serge Perrault, Stenio Solinas, Jan Versteeg), sans oubler écrivains et journalistes amis (Georges Allary, Jean-Paul Angelelli, Jacques Danière, Michel Dejus, Pascal Junod, Françis Puyalte, Emmanuel Ratier, Jean-Luc Sirviey...).

 

  Deux invitées exceptionnelles.

Les participants à notre Journée Céline eurent, en outre, le plaisir d'écouter deux invitées dont la présence n'avait pas été annoncée : Marcella Maltais, venue du Québec, et Arina Istratova, venue de Russie.

 Arina Istratova s'exprima la première. Moscovite, elle est, avec Tatiana Kondratovitch, l'une des traductrices de l'œuvre de Céline, ayant notamment réussi cet exploit de faire publier la traduction de Mea culpa la veille du putsch raté de 1991 (1). Elle travaille actuellement à une traduction de Semmelweis, et fait partie de la Société des Etudes céliniennes de Russie dont elle exposa les nombreux projets. Auteur d'un mémoire de maîtrise sur Alfred Jarry (Université de Moscou), Arina Istratova a déjà traduit de nombreux auteurs français, dont Marcel Aymé et Pierre Gripari.

  C'est peu dire qu'elle captiva le public, ce 20 mai, tant son enthousiasme et sa passion pour l'œuvre célinienne sont attachants. Un grand moment d'émotion fut, à la demande de Marc Laudelout, sa lecture en russe de l'ouverture de Mort à crédit. Le courrier des lecteurs (voir dans ce numéro) témoigne de l'intérêt suscité par cette remarquable ambassadrice de l'œuvre célinienne en Russie.

  Marcella Maltais, qui a réalisé le portrait de couverture du numéro 133 (octobre 1993), était venue présenter son livre L'Hôtel crève-cœur, édité au Québec et qui venait tout juste de sortir des presses (2). L'œuvre picturale de Marcella Maltais est connue. Avec ce livre, recueil de notes et de rêves, elle nous emmène autour de l'Hôtel du Nord et du canal Saint-Martin où, depuis 1958, elle travaille et fait d'étonnantes rencontres...

 Livre illustré de magnifiques tableaux peints à cet endroit, l'Hôtel crève-cœur est aussi un appel à la préservation de ces lieux de culture et de beauté, sources d'inspiration des artistes. Ce livre est tout empli de la présence d'Eugène Dabit, d'Arletty, de Céline et de notre cher Pierre Monnier qui était au premier rang pour applaudir son amie franco-canadienne. C'est avec simplicité et chaleur que Marcella Maltais nous parla de son livre.

 Merci à toutes deux pour ces moments d'intense émotion. (E.M.)

 (1) Voir Eric Mazet, Le docteur Céline au pays des âmes mortes, Le Bulletin célinien n°132, sept. 1993.

 (2) Marcella Maltais, l'Hôtel crève-cœur, Ed. du Lac, 1995. Tirage limité à 1000 exemplaires.

 

   Merci !

 Une manifestation comme celle-là ne peut être réalisée par une seule personne. Je tiens à remercier tous ceux qui ont apporté leur concours à la réussite de cette Journée Céline : Paul Angeledeï, Odile Barckicke, Georges Bruyninckz, Denis Coste, Pierre Jaud, Eric Mazet, Florent et Yvonne Morési et Gilles Naudou. Merci à tous. M.L. (BC n° 154, juillet 95).

 

 

 

 

   30 MARS 1996 - 6ème JOURNEE CELINE à Paris.

 

  Ce numéro souhaite conserver le souvenir du 30 mars1996, date de notre dernière Journée Céline qui eut Colette Destouches comme invitée d'honneur. Jean-Paul Angelelli a bien voulu en rédiger un bref compte-rendu. Car, pour une fois, le texte cèdera le pas à l'iconographie. Les photographies " immortalisant " notre rencontre annuelle sont dues à Jean-Pierre Berriau.

Le 30 mars, la huitième après-midi Céline a connu un franc succès, la salle se révélant trop exiguë et, comme l'a dit Marc Laudelout, directeur du Bulletin célinien et organisateur : " L'an prochain, nous nous réunirons au Zénith ! "

 Ce qui apparaît de plus en plus comme un colloque de haute tenue a vu se succéder sans interruption des intervenants aussi divers que Mme Anne Henry, professeur à l'Université de Montpellier, spécialiste de Proust et de Céline, Alain de Benoist qui vient de rédiger une très précise mise au point sur Céline et l'Allemagne, de nombreux chercheurs, journalistes et critiques rendirent hommage à l'acteur Robert Le Vigan - " La Vigue ". Enfin, clôturant le tout, l'invité d'honneur n'était autre que la fille unique de l'écrivain, Colette Destouches-Turpin.

  Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, Céline reste l'écrivain capital de la littérature française (et même mondiale) du XXème siècle. Mais à son sujet, il faut se garder de deux tentations : l'hagiographie pieuse et l'éreintement systématique. Ce que réussit très bien Marc Laudelout dans son mensuel qui paraît depuis quinze ans.

 Il faut donc comprendre Ferdinand, ce qui ne veut pas dire l'approuver en tout et sur tout. Anne Henry qui a publié en 1994 Céline écrivain (1) nous révèle un Céline passionné de cinéma muet et surtout inspiré par Nietzsche et Schopenhauer. Longuement interrogée par Marc Laudelout, Mme Henry a dénoncé le Politiquement Correct et la domination marxiste dans l'université et regretté que les pamphlets ne soient pas réédités. Notamment Bagatelles, dans lequel elle voit plus une diatribe anticommuniste (annoncée dans Mea culpa) que des attaques antisémites. Encore que les deux aillent de pair : comme l'a souligné Nicole Debrie dans une intervention percutante. Il est maintenant avéré, surtout après le livre de Stephen Koch, que la plus grande partie de l'intelligentsia des années 30 était manipulée ou infiltrée par le Komintern dont les principaux agents (mais pas exclusivement) étaient juifs. Excédé par les campagnes venimeuses du journal Commune à son égard, Céline a réagi à sa manière qui n'était pas tendre, on ne le sait que trop.

  Il avait des amis proches comme Robert Coquillaud dit Le Vigan. Le critique de cinéma Claude Beylie lui consacre un livre qui paraîtra cet automne (2). Pour lui, Le Vigan est " le plus grand comédien du siècle ". Non seulement au cinéma (soixante-dix films) où sa présence était inoubliable mais aussi au théâtre, le grand (Cocteau) comme le mineur (revues, opérettes, etc). Le Vigan, quelque peu caricaturé par Céline dans sa trilogie allemande, mérite d'être redécouvert, lui qui, après avoir été le " bouc émissaire des comités d'épuration ", s'exila volontairement et mourut isolé et malade en Argentine en 1972. François Le Cauchois veut réaliser un film documentaire sur l'acteur à partir des témoins de son existence, d'extraits de films et d'entretiens, malheureusement difficiles à reconstituer. Il nous en présenta quelques images émouvantes. Le Vigan, croyant, eut une mort très chrétienne.

  Mme Destouches-Turpin se souvient de ce père extraordinaire, pas laxiste du tout, qui l'emmena plusieurs fois à la S.D.N. mais l'envoyait jouer dans les jardins quand il rencontrait des Chinois (on connaît l'obsession chinoise de Céline à la fin de sa vie) et dont elle partagea l'existence ; y compris quand il écrivait de nuit (et en parlant) le Voyage, ce qui empêchait la fillette de dormir. Un père superbe et tendre qui lui écrivait ainsi qu'à sa mère des lettres " touchantes " du Danemark. Une correspondance qu'elle publiera sans doute, du moins celle qui la concerne.

  Colette Destouches a évolué dans son jugement sur l'œuvre paternelle, qu'elle apprécie davantage maintenant. Elle a confirmé que si Céline n'a jamais été trépané, il a souffert jusqu'à sa mort de l'éclat d'obus l'ayant frappé en 1914. En plus, il avait certainement un tympan éclaté et n'exagérait pas quand il se plaignait de forts bourdonnements auditifs. Travailleur acharné, il ressentit durement son échec au Goncourt de 1932, prix qu'il croyait sûr après l'article et le soutien enthousiastes de Léon Daudet.

 Elle évoqua aussi cet épisode du Voyage où Bardamu assiste à la mort d'un enfant atteint de méningite tuberculeuse. Céline avait vécu douloureusement ce décès, le gosse étant le fils de la concierge rue Lepic, devenue dans le livre la mère Henrouille...

 Le vrai Céline était là...

                                                                                                          J.-P. A.

 (1) Editions de L'Harmattan,1994.

 (2) Après Hervé Le Boterf, qui avait publié un Le Vigan le mal aimé du cinéma, Le Vigan est qualifié de " comédien halluciné, démesuré et génialé " par Philippe d'Hugues dans son Almanach du Cinéma dont vient de paraître une édition remise à jour chez Encyclopédia Universalis.

 Ils y étaient...

 Comme chaque année, plusieurs journalistes et écrivains nous firent l'amitié d'être des nôtres. Nous avons notamment relevé la présence de Claude Adam (président de l'Union des Intellectuels indépendants), Jean-Paul Angelelli, Jacques d'Arribehaude,  Guy Baartmans, Bernard Baritaud (directeur du Centre de réflexion sur les auteurs méconnus), Pierre Chalmin, Paul Chambrillon, Nicole Debrie, Michel Dejus, Michaël Donley (venu spécialement de Londres), Jean Groenen (qui prononça en... 1963 une conférence sur Céline au Jeune Barreau d'Anvers), Arnaud Guyot-Jeannin, Philippe d'Hugues, Pierre Lainé, Chantal Le Bobinnec, Marcella Maltais, Pierre Monnier, Lionel de Meslon (président de l'association Les Glâneurs), Serge Perrault, Francis Puyalte...

  Merci à tous de leur fidélité à notre réunion annuelle. 

  MERCI !

  Comme chaque année, Le Bulletin célinien a pu compter sur l'aide de plusieurs personnes pour la bonne organisation de sa Journée Céline. Notre gratitude va à tous ceux qui ont apporté leur contribution, grande ou petite, à cette journée. Paul Angeledeï, Odile Barckicke, Ivan Cacitti, Denis Coste, Fleur Dauphine, Bernard Lemaire, Eric Mazet, Florent et Yvonne Morési. Quatre abonnés, qui n'ont pu être des nôtres le 30 mars, ont tenu à soutenir notre initiative par un don : merci à Philippe Aran, Edmond Gaudin, Alphonse Juilland, et Maurice Santerre.
  (BC n°164, mai 1996).

 

 

 

 

  22 MARS 1997 - 7ème JOURNEE CELINE à Paris.

 

 Organisée par Le Bulletin célinien, ce 22 mars , de 14 à 19 heures. Invité d'honneur : Claude DUNETON, autres participants : Jean-Claude Albert-Weil, Eliane Bonabel, Nicole Debrie, entretien télévisé de Louis Pauwels avec Céline (1960), textes de Céline lus par Patrick Ferrette et Richard Demaury, "Guignol's band " par la Compagnie Catherine Sorba. I.F.G. salle Jean Benoît, 37 quai de Grenelle, Paris 15ème (métro Bir-Hakeim), participation aux frais 80 F.

  Notre prochain numéro rendra compte de notre réunion annuelle qui s'est tenue le 22 mars à Paris. Nous souhaitons d'ores et déjà remercier tous ceux qui ont participé à l'organisation de cette journée : Guy et Yvette Baartmans, Lionel Biebuyck, George Bruyninckx, Eric Mazet, Florent et Yvonne Morési, Fleur Saint-Briac, France Saint-Pierre.

 Merci aussi à ceux qui, n'ayant pu être des nôtres, ont tenu à manifester leur sympathie par un don : Philippe Aran, Gérard Auzou, Gérard Boisquillon, Jacques Carlon, René-Pierre Jousselin, Alphonse Juilland, et Maurice Santerre. A tous, merci !

                                                                                                           *  *  *

  Plein succès pour la journée du 22 mars, organisée sous l'égide du Bulletin célinien qu'anime Marc Laudelout. Comme chaque année, le programme était éclectique : réflexion et témoignage avec Eliane Bonabel qui connut, enfant, le docteur Destouches, avant de devenir l'amie de sa fille unique, d'illustrer Voyage, puis Scandale aux abysses et de se rendre à la prison de Copenhague où Céline était retenu, visite qu'il qualifia de " miracle " (1).

 Jean-Claude Albert-Weil, auteur d'un extraordinaire roman uchronique, Sont les oiseaux (2), vint parler de son admiration pour Céline et de l'influence que son œuvre exerce sur son propre travail. Quant à Claude Duneton, invité d'honneur de cette réunion, il analysa le style célinien et ce qui fait son originalité, établissant un parallèle avec un extrait de Voyage réécrit par lui ( " en style gidien " ) et le texte de Céline, mettant ainsi en valeur l'art de l'écrivain.

 Nicole Debrie aborda ensuite un sujet à risques : l'enjeu esthétique de Bagatelles pour un massacre dont l'aspect pacifiste et antisémite a occulté toute la partie " manifeste littéraire ". La dénonciation de la standardisation de la littérature et surtout son inféodation à l'idéologie marxiste, elle-même héritée des Lumières, avaient rarement été mieux mises en valeur.

 Le réalisateur Lazare Iglesis présenta ensuite le documentaire qu'il tourna en 1959 à Meudon avec Louis Pauwels, qui réalisa alors un remarquable entretien avec Céline.

  Ces différentes parties furent émaillées d'une lecture de textes de Céline par deux comédiens, Patrick Ferrette et Richard Demaury, qui se comportèrent avec moins de légèreté que la compagnie Sorba, invitée pour jouer une partie de son adaptation de Guignol's band. Le croiriez-vous ? Le " politiquement correct " fit, une fois encore, des ravages. Constatant la présence de livres " sulfureux " comme ceux de Brigneau, Ratier et autres (qui avaient d'ailleurs été installés à l'insu de l'organisateur), les acteurs refusèrent de jouer dans un tel environnement et privèrent les spectateurs de l'épilogue prévu d'une journée qui, jusqu'alors, s'était bien déroulée. L.C.
  (BC n°176, mai 1997).

 (1) Correspondance à paraître le mois prochain chez Gallimard sous le titre Lettres de prison à Lucette Destouches et à Maître Mikkelsen (1945-1947).

 (2) Editions du Rocher, 420 pages.

 

 

 

 

  4 AVRIL 1998 - 8ème JOURNEE CELINE à Paris.

 

 Samedi 4 avril de 13 h 30 à 18 h 30.  I.F.G. 37 quai de Grenelle 75 015 Paris. Invitée d'honneur : Marina Alberghini Pacini, autres participants : Jeanne Allain-Poirier, Michaël Donley, François Gibault. Avec la participation de Philippe Marteau qui lira des extraits de Mort à crédit. Projection du film " Vie et légende de Céline ". Séance de dédicaces et librairie célinienne. Participation aux frais : 60 F.

 Il y a toujours un risque à entretenir la mémoire d'un écrivain sans tomber dans un ghetto pour aficionados ou des redites systématiques. Mais Marc Laudelout, lors de sa rencontre annuelle (la dernière Journée Céline eut lieu le 4 avril), sait offrir aux céliniens un programme varié, où les études érudites alternent avec les témoignages et la lecture d'extraits de l'œuvre célinienne. Avec en plus la projection de documents consacrés à Ferdinand.

 Intervention remarquée : celle de François Gibault, avocat réputé - notamment de Mme Céline -, auteur d'une remarquable biographie de l'homme et de l'écrivain, qu'il mit quinze ans à écrire. Il s'expliqua très librement : pour lui, Céline est un " cavalier seul ", contradictoire et provocateur. C'est François Gibault qui fit éditer Rigodon et sut convaincre Lucette Destouches d'autoriser la réédition de Mea culpa. En revanche, et tout comme elle, il est hostile à la réédition des pamphlets, tout en sachant que des tirages pirates existent. L'avocat s'est rendu récemment en Russie où un éditeur pétersbourgeois vient de lancer D'un château l'autre et programme d'autres titres de Céline. En Russie, il est peu connu, lui qui avait si bien su voir et comprendre le communisme. A noter que cet éditeur ayant convié les autorités culturelles françaises pour le lancement de l'ouvrage, celles-ci déclinèrent l'invitation. Céline inspire encore la trouille...

 Deux étrangers ont parlé de Céline dans leur pays respectif. Le Britannique Michaël Donley, qui publiera prochainement un Céline musicien, regretta que Ferdinand ne soit pas encore très connu outre -Manche, lui qui parlait si bien l'anglais quoi qu'il en disait, et dont un livre, Guignol's band, se passe à Londres. Il y aurait des difficultés de traduction... Mais, en sens inverse, celles-ci ont été surmontées pour Joyce.

 L'Italienne Marina Alberghini-Pacini, qui a rédigé une biographie à paraître, Céline, l'enterré vivant, voudrait elle aussi que cet écrivain soit mieux connu dans son pays où le grand public l'ignore alors que les intellectuels de gauche, aussi puissants là-bas qu'ici, rendent certes hommage à son talent, mais en l'épinglant comme " fasciste et raciste ". Contre cette inquisition, Mme Alberghini-Pacini plaide pour le " musicien de la parole " qu'elle a longuement comparé à Dante (ce n'est pas un mince éloge) et dont elle goûte les aspects comiques et tragiques ; et surtout l'intérêt pour les ballets, qui ne sont pas pour elle des œuvres " mineures ".

 Il y eut enfin deux films. Un entretien entre Céline et André Parinaud, d'autant plus intéressant qu'il fut réalisé en 1958 pour la télévision et que d'après Marc Laudelout il serait resté inédit. Et ensuite une émission entièrement consacrée à Céline et intitulée Une légende, une vie réalisée par Claude-Jean Philippe, écrivain-journaliste, animateur de Ciné -Club à la télévision. Emission (en noir et blanc) diffusée en 1976 et où tous les aspects de la vie et de l'œuvre étaient analysés.

 " Vous serez surpris ", avait averti Marc Laudelout avant les projections, de la façon dont on traitait Céline dans ces années- là, alors qu'il y a actuellement contre lui une véritable offensive dont François Gibault estime que ce n'est pas un mal car elle prouve combien l'écrivain reste vivant.

  Dans ce Céline de Claude-Jean Philippe (1), il était question de son antisémitisme jugé par le professeur Raoul Girardet comme relevant d'un antisémitisme populaire plongeant ses racines aussi bien dans la gauche que dans la droite. Et aussi teinté d'un pacifisme irréductible, mais en partie égaré car s'en prenant aux seuls juifs bellicistes, alors que de son côté Hitler n'arrangeait pas les choses. On entendait aussi Gérard Guégan et Raphaël Sorin plaider pour Céline en disant qu'au-delà de Bagatelles, c'est la dénonciation du communisme qui ne lui avait pas été pardonnée.

 Et puis, dans les deux films, on voyait et on entendait Ferdinand, prudent, roublard, revenant souvent sur le thème de la mort, d'une mort attendue et désirée - " La mort est toujours sur la table ", disait-il. Lucette Almansor voulait alerter son ami, le docteur André Willemin, pour soulager les derniers instants de son mari : " Laisse-moi crever seul ", fut la réponse du mourant.

 Le voyage était terminé. Il reste à travers ses livres et tout ce qui se publie encore sur lui, une personnalité géniale. Que l'on pourra d'autant moins éliminer que nous vivons chaque jour davantage un temps célinien.  - Jean-Pierre Angelelli.

 (1) De son vrai nom Claude Nahon, né à Tanger en 1933. Voir sa biographie dans La critique de cinéma en France (Ramsay, 1997). Avec ses interlocuteurs, il traitait dans ce film de Céline avec intérêt et même respect.

 Le Bulletin célinien tient à saluer les abonnés qui n'ayant pas pu se rendre à la Journée Céline ont tenu à soutenir son initiative. Que MM. Philippe Aran, Gérard Auzou, Edmond Gaudin, Pierre Guérin, Daniel Heck, Alphonse Juilland et Maurice Santerre trouvent ici l'expression de nos vifs remerciements.
  (BC n°187, mai 1998).

 

                                                        

                      

 

   3 AVRIL 1999 - 9ème JOURNEE CELINE à Paris.

 

 Organisée par Le Bulletin célinien, samedi 3 avril 1999 de 13h30 à 18h30.  I.F.G. 37 quai de Grenelle, Paris 15ème. Invité d'honneur : André Parinaud.

 C'est donc ce samedi 3 avril qu'aura lieu, à Paris, notre réunion annuelle. Vous en trouverez le programme à l'intérieur de ce numéro. Cette année, l'invité d'honneur sera André Parinaud qui eut l'insigne honneur de réaliser, en janvier 1953, la première interview de Céline après son retour d'exil. C'était dans La Parisienne, revue mythique fondée par Jacques Laurent en réaction à l'étouffoir sartrien qui dominait l'époque. André Parinaud est également l'auteur d'un étonnant entretien filmé à Meudon qui sera projeté à cette occasion. Son témoignage sera d'autant plus intéressant que c'est la première fois qu'il est convié à s'exprimer sur ses multiples rencontres avec Céline et sur les aspects d'une œuvre qu'il connaît très bien.

 Anne Henry, auteur d'un excellent " Céline écrivain " (L'Harmattan, 1994), traitera des ambitions de la " petite musique " de Céline, et donc du projet profond que recouvre cette expression. Jean Guenot, non annoncé dans le programme, sera pourtant bien là et évoquera la situation de Céline à l'aube du deuxième millénaire. Célinien de la première heure - il réalisa, avec Jacques d'Arribehaude, de passionnants entretiens avec Céline -, Guénot traitera aussi des cadences et des ressources mélodiques d'une écriture qu'il connaît pour l'avoir analysée avec rigueur.

 Henri Thyssens, lui, nous fera profiter d'années de recherches autour de Robert Denoël  qui fut, comme on sait, l'éditeur de Céline de 1932 à 1944. Son destin tragique a éclipsé le découvreur de talents qu'il fut. Nul doute que Thyssens rendra justice à cette figure éditoriale méconnue qui attend encore son biographe.

 Eliane Bonabel, Pierre Monnier et Paul Chambrillon évoqueront l'homme qu'ils ont connu, au Danemark, puis en France. Ce sont les derniers témoins d'un grand fauve qui, à la fin de sa vie, s'est ingénié à donner une image souvent caricaturale de lui-même. Ils évoqueront le Céline qu'ils ont apprécié, souvent très différent de celui qui apparut dans la presse de l'époque. Cette journée sera agrémentée par la lecture de lettres de Céline par Patrick Ferrette. Une fois encore, nous espérons que ce programme varié nous réunira autour d'une même passion pour une œuvre qui mérite assurément le partage.

 A très bientôt donc... 

                 M.L.

                                                                                                         * * *

 Le 3 avril à Paris, la dernière Journée Céline fut un succès, avec comme invité d'honneur André Parinaud qui, en octobre 58, participa à la réalisation avec le reclus volontaire de Meudon d'un entretien dont il tira un film d'une vingtaine de minutes et qui fut programmé sur l'unique chaîne de la télévision d'alors.

  Ce monument disparut ensuite dans les archives de l'Institut National de l'Audiovisuel où Parinaud l'a retrouvé. Il l'a commenté avec brio devant l'assistance. D'autres interventions, dont celle de Jean Guénot sur " Céline écrivain arrivé " ont marqué cette commémoration régulière mais jamais conformiste.

 Encore ce très bref écho ne signale-t-il pas les brillantes interventions d'Anne Henry (sur " la petite musique de Céline ") et de Henri Thyssens (sur l'éditeur Robert Denoël), ni la table ronde qui réunit Eliane Bonabel, Paul Chambrillon et Pierre Monnier sous le titre évocateur " Les derniers témoins ".

  Quelques photographies-souvenirs de cette mémorable journée sont reproduites dans ce numéro. Il me reste à espérer vous retrouver aussi nombreux l'année prochaine. En l'an 2000, votre Bulletin entrera dans sa 19ème année.

  Et il aura vingt ans exactement au siècle suivant. N'en déplaise à ceux qui le considèrent comme trop compromettant... Serait-ce d'ailleurs un signe enviable de jeunesse ?

                       M.L.

 

 

 

 

    28 OCTOBRE 2000 - 10ème JOURNEE CELINE à Paris.

 

 Organisée par Le Bulletin célinien, samedi 28 octobre 2000 de 14 à 19 heures, Hôtel de l'Industrie (salle Louis Lumière), 4 Place St. Germain des Prés, Paris 6ème. Entrée : 70 F.

 D'une part, il est toujours ardu de rendre compte d'une réunion que l'on a soi-même organisée. D'autre part, il serait incongru de n'en point parler.

 C'est donc le 28 octobre dernier qu'eut lieu, à Saint-Germain-des-Prés, notre réunion annuelle. Dans une salle historique : la salle Louis Lumière de l'Hôtel de l'Industrie où se déroula, un an avant la naissance de Céline, la première projection publique de " photographie animée ", au moyen d'un appareil qui devint célèbre sous le nom de cinématographe.

 Cette réunion offre au responsable du Bulletin célinien et à ses abonnés l'opportunité de rencontrer des écrivains et des critiques littéraires de talent. L'année 2000 ne fit pas exception à la règle grâce à la présence de Jacques Aboucaya, critique perspicace et homme chaleureux, qui vint nous parler d'Albert Paraz. Sa modestie dût-elle en souffrir, nul doute que c'est lui qui connaît le mieux l'œuvre et la personnalité de ce " défenseur et ami de Céline " auquel il consacre actuellement une biographie. Il faut savoir gré à Jacques Aboucaya d'avoir accepté notre invitation et d'avoir su évoquer de bien émouvante façon celui qui n'a jamais été un épigone de Céline, contrairement à ce qu'accrédite une légende tenace.

 Pour le reste, cédons la plume à un lecteur, M. Jean-Pierre Doche (Issy-les-Moulineaux) qui a bien voulu nous adresser ces lignes : " Je retiendrai surtout les communications de Michaël Donley (" Céline musicien "), ainsi que celle de l'invité surprise Philippe Alméras qui montre, s'il en était encore besoin, votre sens profond de l'équilibre entre les tendances céliniennes actuelles. Je ne saurais bien sûr oublier la touchante intervention de Charles-Antoine Cardot ( " Céline et Montfort en Bretagne, 1918-1957 ") qui est une parfaite illustration de ce que tout chercheur peut encore réaliser sur la vie et l'œuvre de Céline, même si elles ne paraissent pas, de prime abord, fondamentales. Et, comme Gilles Pandel, dont j'ai vu la remarquable adaptation de Guignol's band et lu son originale contribution à l'étude de Céline, j'ai été désolé par la lecture d'un tract déposé dans la salle en nous invitant à " aller soi-même lancer calmement une pierre " (sic).

  La mémoire de Céline mérite beaucoup mieux que cela, et cette appropriation de votre organisation par des factieux est totalement inadmissible et profondément répréhensible. Surtout que, comme vous l'avez précisé, l'on pourrait penser que cette opération se fait avec votre bénédiction !... " Et notre correspondant de conclure : " Essayons de nous élever au-dessus de la mêlée et arrêtons d'utiliser Céline à tort et à travers et de le récupérer à tout propos, lui qui était avant tout un homme libre. Il est et il reste, pour moi et pour beaucoup d'autres, le plus grand écrivain français de ce siècle finissant, et nous avons la tâche d'étudier son œuvre, et rien que son œuvre. "

  Autant dire que nous souscrivons entièrement à cette profession de foi. Et ajoutons, pour l'information de nos lecteurs, que cet abonné évoque ici une déplorable habitude qu'ont prise d'aucuns lors de nos réunions : profiter de cette initiative pour diffuser, sans même nous en demander l'autorisation, des tracts qui n'ont strictement rien à voir avec l'objet de la rencontre. Mieux : on a vu, certaine fois, tel ou tel improviser un stand " pirate " proposant des ouvrages qui n'ont aucun rapport avec Céline ou son œuvre.

  ... Tout Céline, mais rien que Céline. Le pari est sans doute difficile, mais il importe qu'il soit tenu. C'est à cette condition que ce modeste Bulletin, qui entamera en janvier prochain sa 20ème année de publication, poursuivra sa route.

  D'avance, et plus que jamais, merci de votre fidélité et de votre amical soutien.  M. L.
   (BC n°215, décembre 2000).