BIENVENUE BIOGRAPHIE AUTEURS POLITIQUES MEDIAS REPERES TEMOIGNAGES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                   CÉLINE ET LES POLITIQUES  FRANCAIS

 

 

                                    

 

 

 * Henry ALBERT(Maire de Meudon) : " Voisin de Céline, Maire de la ville en 1952, il avait une forte personnalité, un homme volontaire de ton et d'action. Il m'a raconté comment le parti communiste, sensibilisé aux dangers d'un Céline en résidence dans les banlieues de Paris, avait fait appel aux manifestants pour protester contre sa présence.

   Quand ALBERT a compris ce qui se passait, il s'est rendu sur les lieux et a harangué la foule: " Cet homme que vous voulez chasser de chez lui à cause de ses erreurs ou de son mauvais jugement a déjà payé ses actes de sept années d'exil. Il est maintenant de retour officiellement amnistié. Il a choisi de résider dans cette ville. Tant que je serai maire il pourra vivre ici s'il le veut. S'il faut la police pour empêcher ce harcèlement, je suis prêt à l' appeler. Si elle ne suffit pas, je ferai appel à la garde nationale. Laissez cet homme en paix. Ils sont partis et ne sont jamais revenus. "
 (Grass Roots Resarch revue californienne, Recovering Literature, printemps 1985, de Stanford LUCE).

 

 

 

 

 * Amiral Louis-François AUPHAN : (Secrétaire d'Etat à la Marine dans le premier gouvernement du maréchal Pétain, 1894-1982) : " Plusieurs étudiants français et étrangers qui préparent des thèses sur Louis-Ferdinand Céline, Léon Daudet et Charles Maurras m'ont demandé s'il est exact, qu'au cours de l'hiver 1932-1933, il y eut un incident entre Charles Maurras et Léon Daudet parce que celui-ci avait écrit un article élogieux sur le Voyage au bout de la nuit, qui venait de paraître, et voté pour cet ouvrage lors de l'attribution du Prix Goncourt. J'étais à cette époque un des collaborateurs réguliers de L'Action Française et je suis contraint de m'inscrire en faux contre ces assertions. Tous ceux de mes camarades de la rédaction qui survivent font de même. Un soir de novembre 1932, vers huit heures du soir, Léon Daudet et Jacques Bainville sont venus, comme tous les jours, passer un moment à la rédaction.
   
    Après qu'on lui eut donné les dernières nouvelles venues du Palais Bourbon ou du Palais de justice, l'auteur de Paris vécu nous apprit qu'il venait de découvrir Céline dont le premier volume ne manquerait pas d'avoir un énorme succès. (...) Et il nous annonça que Céline était son candidat pour le Goncourt qui allait être attribué dans quelques jours.
  Henri Massis se trouvait là ; il tenta de recommander son ami Guy Mazeline qui était également son collaborateur à La Revue universelle. Amicalement, mais fermement, Léon Daudet répondit que son choix était fait. Il n'y eut ni incident, ni scandale et personne n'entendit Maurras grommeler. D'ailleurs, il n'était pas homme à murmurer entre ses dents. Quand il disait quelque chose, il le disait à haute et intelligible voix. "
  (Cahiers Charles Maurras, octobre 1969, dans BC n° 257).

 

 

 

 

* Edouard BALLADUR : " Je ne lis jamais de romans. Je préfère les mémoires, les essais ou les biographies. Exception pour Céline. J'ai une véritable passion pour lui. Selon moi, c'est le plus grand de tous. "
  (Paris-Match, 19 août 1993).

  * Le Premier ministre français :" Céline et Proust sont à mes yeux les deux plus grands écrivains du siècle. J'ai toujours un Céline sur ma table de chevet ou sur mon bureau. "
  (
Le Figaro, 8 mai 1994).

  * " A deux ou trois reprises, nous avons cité dans la rubrique " Ils ont dit... " des propos dithyrambiques d'Edouard BALLADUR sur Céline dont on sait que c'est l'un des écrivains préférés, sinon celui qu'il préfère. Depuis qu'il est en campagne, il ne le cite bizarrement plus. Ainsi, dans une récente interview à Paris-Match (12 janvier 1995), il évoque les auteurs qu'il relit : " Pascal, Voltaire, Proust et Rimbaud "...

 Mais pas Céline. Serait-ce pour ne pas s'aliéner certaines sympathies, et donc certains suffrages, que le candidat- BALLADUR ne le cite plus ? " (BC n° 149, fév. 1995).

 

 

 

 

 

* Maurice BARRES : (écrivain, homme politique, figure du nationalisme français, 1862-1923) : " Chantre du patriotisme revanchard Céline le compte parmi les porte-drapeaux de la religion drapeautique dans " Voyage ". S'il ne l'estime pas, il le cite toutefois dans " Les Cahiers de prison " - " le Blasphème est une des plus puissantes machines de la Rhétorique ", ainsi que dans l'interview donné à Jacques Chancel pour Télémagazine (1958): " Il n'y a pas de martyrs, il n'y a que des martyrs reconnus. "
 (
Bibliographie, Céline 2, Romans I, Tettamanzi).

 

 

 

 

 

* Jean BICHELONNE (ministre sous Vichy, 1904-1944) : " De nous autres, tous là, BICHELONNE avait la plus grosse tête, pas seulement qu'il était champion de Polytechnique et des Mines... Histoire ! Géotechnie !... pardon !... un vrai cybernétique tout seul ! s'il a fallu qu'il nous explique le quoi du pour ! les biscornuteries du Château ! toutes, qu'il penchait plutôt sud que nord ?... si il savait ? pourquoi les cheminées, créneaux, pont-levis, vermoulus, inclinaient eux plutôt ouest ?... foutu berceau Hohenzollern ! pardi ! juché qu'il était sur son roc !... traviole ! biscornu de partout !... dehors !... dedans !... toutes ses chambres, dédales, labyrinthes, tout ! tout prêt à basculer à l'eau depuis quatorze siècles !... quand vous irez vous saurez !...
(D'Un château l'autre, 1957).

 

 

 

 

* Georges BIDAULT (de nombreuses fois ministre, 1899-1983) : " L'ambassadeur de France à Copenhague, Guy Girard de Charbonnière avait été nommé là en septembre 1945 par Georges BIDAULT. Lorsqu'il apprend le 1er octobre 1945 la présence de Céline au Danemark, Charbonnière s'informe auprès de BIDAULT, ministre des affaires étrangères, de ce qu'il doit faire. Comme depuis le 19 avril précédent un mandat d'arrêt avait été lancé contre Céline, BIDAULT ordonne à Charbonnière le 23 novembre 1945 d'obtenir l'extradition.

  Le 17 décembre au soir, le couple Céline est arrêté et incarcéré. Lucette est libérée dix jours plus tard et récupère Bébert qui avait été placé dans une clinique vétérinaire le soir de l'arrestation. "
  (
Frédéric Monnier, Lettres à son avocat, La Flûte de Pan, 1984).

 

 

 

 

 * Léon BLUM (socialiste, premier juif à diriger une puissance occidentale, 1872-1950) : " Repensant cette nuit à la figure de BLUM, à laquelle je ne puis dénier ni noblesse, ni générosité, ni chevalerie, encore que ces mots, pour s'appliquer à lui, doivent être déviés sensiblement de leur vrai sens, il me paraît que cette sorte de résolution de mettre continûment en avant le Juif de préférence et de s'intéresser de préférence à lui, cette prédisposition à lui reconnaître du talent, voire du génie, vient d'abord de ce qu'un Juif est particulièrement sensible aux qualités juives ;

 vient surtout de ce que BLUM considère la race juive comme supérieure, comme appelée à dominer après avoir été longtemps dominée, et croit qu'il est de son devoir de travailler à son triomphe, d'y aider de toutes ses forces. "
 (Gide, Céline et les juifs, André Gide, Journal, 14 janvier 1914).

 

 

 

 

 * Abel BONNARD (homme politique, poète, romancier, essayiste 1883-1968) : " Je l'ai retrouvé à Sigmaringen, où il était le médecin de la colonie française réfugiée là. Il s'acquittait de sa tâche avec une conscience admirable, soutenu par la vaillante madame Céline, dont le courage, comme il arrive pour les meilleures des femmes, prenait la forme de la bonne humeur. Il recevait d'abord ses malades dans sa chambre d'hôtel, mais je m'entremis et pus obtenir qu'il eût à sa disposition le cabinet de consultation d'un médecin allemand qui était absent.

     Je le revois encore pendant la journée, passant par les rues de cette tranquille petite ville de résidence, avec son grand corps d'ancien cuirassier, sa canadienne, sa tête aux cheveux noirs. Il venait souvent surveiller la santé de ma mère et il a, dans son livre D'un château l'autre, écrit sur elle quelques lignes d'une délicatesse exquise, dont je lui resterai reconnaissant jusqu'à ma mort. (...) J'allais oublier de mentionner, tant cela va de soi pour qui a connu sa nature, que jamais, dans nos libres entretiens, je ne lui ai entendu rien dire de bas, de vil, de rancunier, de haineux. Dans un monde de plus en plus dégradé, où sombrent toutes les hautes valeurs, Céline était digne d'être méconnu, persécuté, honni, et de mourir malheureux, avec les honneurs de la solitude. "
 (A Sigmaringen, L'Herne n°3, 1963).



 

 

 

 * Christian BONNET: L'ancien ministre de l'intérieur. " Tant d'intellectuels - je parle ici des vrais, pas de la cohorte des pseudo - se sont trompés avec tant de constance tout au long de ce siècle (Drieu La Rochelle, Céline avant-hier... Jean-Paul Sartre, Aragon hier) que l'on ne saurait s'étonner de la présence sur la pavé parisien de tel ou tel, à peine sorti de l'abattement où l'avait plongé le désastre culturel dont il s'était fait le complice. "
(
Le Monde, 13 mars 1997).

 

 

 

 

  * Jean-Louis BORLOO ( président du Parti radical, ministre de 2002 à 2010): Chaque jour, Patrick Besson emprunte la plume d'un célèbre écrivain, français ou étranger, mort ou vivant, génial ou nul, pour nous raconter la campagne électorale.

 " - Bah Sarko, quoi, tout de même... il ne va s'en sortir... il est tout seul... Rama le prend plus au téléphone... Rachida sort avec un acteur de gauche... Carla a repris sa guitare... Tout part en couilles ! Même La vérité si je mens 3, c'est raté... Y arrivera pas ce coup-ci le p'tit Hongrois... Il demande un autre Pernod... est-ce que je veux un autre lait ? Peut-être pas... Attention le lait ! C'est pas de l'alcool mais faut pas abuser... Abuser jamais ! Rien de trop ! Les Grecs ! Avant qu'ils ne soient empapaoutés par les Turcs ! Les Chinois ! Les Juifs !

 - Ils ne comptent plus que les morts, le petit Hongrois, qu'il reprend, le Jean-Louis, après une gorgée de Pernod ! Et glou et glou, c'est comme ça qu'on l'appelait... Au régiment ! On a monté des canassons ensemble contre les boches ! Nos frères ! Dégoûtation ! - Quels mots ? Ceux de 14 ? - Mais non, les morts du gouvernement ! Les Kouchner, Morin, Boutin... Y a plus que ses deux burgraves : Guaino et Guéant... Je les confonds tout le temps... Je sais que Guaino il a pas de lunettes... C'est celui qui a pas de lunettes... Un autre lait ? - J'ai pas fini le premier... - Tu bois pas vite ! Remarque, je te comprends ! Le lait, c'est mauvais ! "
  (Patrick Besson, Le Point, 8 février 2012, dans le Petit Célinien, 8 février 2012).

 

 


 

  

* Jacques BRUNHES (maire PC de Gennevilliers) : " Aucune espèce de censure n'a cours dans les bibliothèques de Gennevilliers. Je suis favorable au combat d'idées, mais je suis en même temps ouvert au pluralisme. Je peux même dire que nos ouvrages sont si variés que des étudiants de l'extérieur viennent à la bibliothèque de Gennevilliers pour y travailler.

Et puis, une bibliothèque qui ne possèderait pas des livres de Céline ne serait pas digne de ce nom. "
 (Le Parisien des Hauts-de Seine, 24 février 1997).

 

 

 

 

 * Carla BRUNI : Dans un livre consacré au couple présidentiel, on découvre qu'il y a quelques années: " Carla BRUNI rendit visite à Meudon chez Lucette Destouches en compagnie de son ami d'alors, Patrick Besson, et de François Gibault ".
  (
Carla et Nicolas Ed. Scali 2008).

 * Philippe Vecchi, dans sa rubrique de l'Obs Télé de la semaine, nous rapporte des propos de Carla BRUNI (SARKOSY) parus dans VSD. L'épouse présidentielle y parlait de Louis-Ferdinand Céline. Elle indiquait que Céline " était dans la poésie " et comparable à Houellebecq, car ces deux là donnent " dans le romantisme et la douceur " au point d'aboutir à quelque chose de " presque intolérable de beauté. "
  (Lyon 6 sept. 2008, blog de Jean-Yves Sécheresse).  

 

 

 


 

 

* Jean-Pierre CHEVENEMENT: L'ancien ministre de la défense, Jean-Pierre CHEVENEMENT, pense intituler son prochain livre - qui traite notamment de la chute du mur de Berlin  " D'un mur l'autre ", en référence à D'un château l'autre. Son éditeur l'en aurait dissuadé, ce titre n'étant pas assez " grand public ". Parution prévue début 1992.
  (BC, novembre 1991).

 

 

 

 

* Roger CHINAUD : Pour le classement de la maison de Céline à Meudon: tout parait bien engagé, mieux qu'il y a huit ans, puisque le président de l'association n'est autre que Roger Gouze, beau-frère du... Président de la république !

   En outre, Roger CHINAUD, sénateur-maire du 18e arrondissement avait, lui aussi, adressé une lettre très favorable au directeur du Bulletin célinien : " Je sais que vous avez déposé une demande pour obtenir l'autorisation d'apposer une plaque à la mémoire de Louis-Ferdinand Céline, sur la façade de l'immeuble situé au 4 rue Girardon à Paris 18e. - Très favorable à cette suggestion, j'avais attiré l'attention du Maire de Paris pour que ce projet puisse être réalisé. - Il vient de m'être indiqué que le Directeur des Affaires Culturelles avait été saisi, afin que cette apposition soit programmée le plus rapidement possible. - Je m'en réjouis vivement et voulais vous en informer. " (lettre du 27 mars 1992).

  Vain soutien ! Il s'en suit une campagne visant à faire renoncer l'association à son projet. Madame Schlumberger, secrétaire de La Mémoire des lieux reconnaitra, au cours d'un entretien téléphonique, que suite à de très nombreuses réactions venant " d'associations israélites ", La Mémoire des lieux n'a pas cru devoir maintenir ce projet. "
  (
BC, sept.1992).

 

 

 

 

 * Gilbert COLLARD (avocat, écrivain, député Front national, juin 2012) : " Quelle est votre chanson fétiche ?
 - Non, rien de rien...
de Piaf
  Quel livre auriez-vous aimé écrire ?
 -Voyage au bout de la nuit : un cri de souffrance humaine, une révolution dans l'écriture. Il est triste qu'un si grand écrivain se soit perdu dans un antisémitisme ignoble.
  Votre vie devient un film. Qui aimeriez-vous voir jouer votre rôle ?
 - Depardieu... en moins gros ! Je l'ai entendu lire les " Confessions " de Saint Augustin, à Nîmes, c'était grandiose !
  La dernière fois que vous avez pleuré ?
 - A la mort de ma mère. Je m'étais juré de ne jamais pleurer... Et pourtant... Mais j'ai pleuré tout seul. "
   (Paris-Match, jardins très secrets, J'aurais aimé écrire le " Voyage " de Céline, interview Virginie Le Guay, 9-15 août 2012).


 

 

 

 

* L'hebdomadaire communiste Révolution du 10 février rend hommage à l'auteur de Mea culpa qualifié d'extralucide fulgurant (sic) : " On sait qu'aucun communiste d'alors n'était en mesure de prendre de pareilles claques dans la figure (...)Toujours la doxa, la bonne pensée, l'idéologie comme lunettes d'aveugles. Dommage ! Dommage ce manque d'humilité qui peut-être eût permis de réfléchir et de prendre à temps certains virages..."

  La presse communiste française saluant, dix-huit ans après, la clairvoyance de Céline, voilà qui méritait assurément d'être relevé !
  (BC, décembre 1996)
.

 

 

 

 

 

   * Jean-François COPE, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale à Madame Figaro :" Céline est un de mes écrivains préférés, surtout pour Mort à crédit et la trilogie allemande, à cause du style. "

 


 

 

 

 * André DAMIEN (Maire de Versailles, avocat, académicien) : " Après la mort de Céline, Lucette était profondément affectée. En outre, comme elle avait toujours cru ce que disait son mari (...) elle était persuadée de devoir beaucoup d'argent à Gallimard. Mais, après avoir épluché les comptes en compagnie d'autres amis, Marcel Aymé et Jean Dubuffet, j'ai découvert que c'était plutôt l'éditeur qui était débiteur. "
  (France-Soir Ouest, 7 avril 1994).

 

 

 

 

 

 * Léon DAUDET (écrivain, journaliste et homme politique, fils d'Alphonse Daudet, 1867-1942) : " On se souvient du scandale provoqué par la parution de Voyage au bout de la nuit qui introduit un langage populaire particulièrement grossier dans la littérature. Cet accent nouveau ne plut pas à la majorité des membres de l'Académie Goncourt, malgré le soutien fracassant de Léon DAUDET:

   " Voici un livre étonnant, appartenant beaucoup plus, par sa facture, sa liberté, sa hardiesse truculente au XVIe siècle qu'au XXe, que d'aucuns trouveront révoltant, insoutenable, atroce, qui en enthousiasmera d'autres et qui, sous le débraillé apparent du style, cache une connaissance approfondie de la langue française, dans sa branche mâle et débridée. "
 (
Candide, 22 décembre 1932).

 

 

 

 

* Marcel DEAT (socialiste, député SFIO, ministre, puis fonde le Rassemblement national populaire, 1894-1955) : " A Sigmaringen, le génial Céline, avec sa charmante femme et son chat, un gros matou qu'ils promènent de temps en temps sur les bords du Danube (...) Car Céline est absolument sans illusion sur les suites, et il est également sans indulgence pour les Allemands. Si jamais il a le temps d'écrire un " voyage au bout de la guerre ", ce sera le plus formidable pamphlet de l'antinazisme. Il sème à pleine voix le défaitisme, et les gens qui passent une heure avec lui en sortent catastrophés.

   Au demeurant, Céline est un cœur d'or et il ne marchande pas son dévouement. Où trouvera-t-on en ce monde de fous une oasis juridique où loger les gaillards de sa trempe ? Evidemment, il y avait Montmartre... "
  (Mémoires politiques, Denoël,1989). 

 

 

 

 

* Pierre de BOISDEFFRE (Pierre NERAUD, diplomate , homme de lettres 1926-2002) : " On ne sera tranquille que lorsque tout aura été dit, une bonne fois pour toutes, alors enfin on fera silence et on aura plus peur de se taire. Ça y sera. " Ne croit-on pas entendre ici un des personnages-troncs de Samuel Beckett, la voix inexorable qui coule dans la tranquillité de la décomposition et qui n'imagine pas d'autre fin que celle de la merde qui attend la chasse d'eau ? Céline a peint, dans Semmelweis - le moins connu et peut-être le plus beau de ses livres - ces noces énormes de l'homme et de l'Histoire, le va-et-vient des années 1789, toutes frontières ravagées et confondues dans un immense royaume de Frénésie, les hommes voulant du progrès, et le progrès voulant les hommes. Vingt ans avant L'Homme révolté de Camus, il dénonçait l'utopie de cette soi-disant libération : l'Humanité s'ennuyait, elle brûla quelques dieux, changea de costume et paya l'Histoire de quelques gloires nouvelles.

    Mais l'homme n'a pu échapper à sa propre condition ; toujours, il a fini par se retrouver devant le seul problème qu'il ne pouvait résoudre et qui embrasse tous les autres : celui de la Mort. En vérité, dans l'histoire des temps la vie n'est qu'une ivresse, la Vérité c'est la mort. Les régimes totalitaires peuvent bien transposer l'Eternité dans le temps, et faire croire aux foules qu'ils sont les démiurges de leur propre condition, ils restent incapables d'échapper à l'alternative que Camus posera en ces termes : ou la police ou la folie. Les Pères de l'Eglise, eux, ricane Céline, ils connaissaient leur boulot. Ils promettaient le bonheur pour dans l'autre monde."
  (Sur la postérité de Céline, L'Herne n°5, 1965).

 

 

 

 

 

* Fernand de BRINON (avocat, journaliste, ambassadeur puis ministre de Vichy, 1885-1947): " Je l'ai déjà dit, avec moi BRINON s'est toujours montré parfaitement régulier... pas cordial, non !... mais régulier... il aurait pu me tenir rigueur que j'avais pas le " très haut moral ", que j'écrivais pas dans La France, que je voyais pas les Boches vainqueurs, que je tenais des propos très libres... que je jouais pas le jeu !... lui, quel jeu il jouait ? j'ai jamais su !... toujours est-il il m'a jamais rien demandé !... il aurait pu !... médecin, c'est tout !...

  oh ! pour pratiquer, je pratiquais !... si je l'ai connu dans toutes ses ruelles, impasses, mansardes, ce bourg Hohenzollern ! porter mes bonnes paroles ci ! là !... BRINON m'a laissé bien tranquille question politique... c'est rare !... généralement les " hauts placés " du " double jeu " n'ont de cesse que vous soyez bien guignol, gesticulateur bien mouillé... quelquefois on a eu de petits mots à propos des lettres de Berlin, de la chancellerie... lettres où il était question de médecine...  et de mes propos ici... et là... "
 (D' Un château l'autre, 1957).

 

 

 

 

* Guy de GIRARD de CHARBONNIERES (ministre plénipotentiaire puis ambassadeur de France à Copenhague, 1907-1990) : " Peu après son arrivée à Copenhague (août 1945), le représentant de la France s'emploie à obtenir l'extradition de Céline et ce, il faut le souligner, de sa propre initiative, comme le prouve son télégramme du 1er octobre 1945:

    diplomate mué en policier, il dénonce la présence de l'écrivain dans la capitale danoise et, sans attendre d'avoir reçu de son gouvernement les instructions qu'il sollicite à ce sujet, il fait une démarche officieuse auprès des autorités danoises pour que son compatriote soit recherché. "
 
(
Charles-Antoine Cardot, à propos du livre de David Alliot, BC, avril 2008).

 

 

 

 

 

* Bertrand DELANOË (député, sénateur PS, maire de Paris) : " Bertrand DELANOË a dit soutenir la position de Serge KLARSFELD, qui, en tant que président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), s'est indigné de voir l'anniversaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline inscrit sur la liste des célébrations nationales de 2011.

   " Céline est un excellent écrivain mais un parfait salaud ", a estimé le maire de Paris. "
 (Sur Europe 1, le 20 janvier 2011).

 

 

 

 

* Patrick DEVEDJIAN (ministre auprès du Premier ministre) : " Personnage ô combien, et à raison, controversé et dérangeant, Céline est malgré tout un talent des Hauts-de-Seine. Courbevoie où il naît, Clichy où il exerce, Meudon où il se réfugie et meurt.

     Ce film nous le montre tel qu'il est, entre génie et folie, grâce à des témoignages de valeur, des entretiens télévisés avec Louis Pauwels ou Pierre Dumayet, des photos de Doisneau et Cartier-Bresson. "
  (
Documentaire " Céline à Meudon " proposé par le conseil général des Hauts-de-Seine, janvier 2010). 

 

 

 

 

 


 

 * Philippe de VILLIERS (homme politique et écrivain. Sous préfet. Créateur dans les années 1970 du parc d'attractions le Puy du Fou.
 " Nous crevons d'être sans légende, sans mystère, sans grandeur, se lamentait Céline. "
 
 (Les cloches sonneront-elles encore demain ? Editions Albin Michel, octobre 2016, p.240).

 

 



 

 

 

* Jacques DORIOT (ancien député communiste, rival de Thorez, devenu chef du PPF en 1936, 1898-1945) : " Même s'il lui reconnaissait du talent, Céline estimait Marcel Déat suspect en raison de ses anciennes fréquentations maçonniques et de ses liens étroits avec le parlementarisme de la IIIe République. Ainsi dans sa correspondance à Lucien Combelle, Céline n'a que sarcasmes pour le chef du RNP.

  Avant-guerre, Céline ne réservait pas un sort plus enviable à DORIOT, le raillant comme tous ceux (La Rocque, Maurras...) qu'il qualifiait ironiquement de " redresseurs nationaux " ou de " simples divertisseurs " : - " Alors avec quoi il va l'abattre Hitler, DORIOT ? (...) Il veut écraser Staline en même temps ? Brave petit gars ! Pourquoi pas ? D'une pierre deux coups !... Nous sommes en pleine loufoquerie. "
  (L' Ecole des cadavres, 1938, BC n° 297).

 

 



 

 

* Charles, François Du PERIER dit DUMOURIEZ : Ce général français, ministre des Affaires étrangères sous la Convention girondine en 1792 commanda l'armée du Nord. Vainqueur à Valmy et à Jemmapes, il fut battu à Neerwinden en 1793, relevé de son commandement, il passa à l'Autriche.

    Céline le mentionne comme : " le dernier mercenaire qui emmena les premiers couillons voteurs et drapeautiques se faire trouer dans les Flandres. "
(Voyage, 69).

 

 

 

 

 

* Pierre DURAND (conseiller régional FN d'Ile-de-France, directeur du quotidien Présent) : " En janvier, à l'occasion du vote du budget de la Région Ile-de-France, Pierre DURAND, conseiller régional FN et directeur de Présent, avait défendu un amendement destiné à acquérir, protéger et valoriser la maison de l'un des plus grands écrivains français du vingtième siècle : Louis-Ferdinand Céline.

   - " Il ne faut pas laisser à l'abandon la modeste cage de l'oiseau noir de notre littérature contemporaine, oiseau qui sut si bien se brûler lui-même les ailes. " Et bien, il faut savoir que cette volonté de classer la maison de Meudon relève tout simplement de " l'apologie sordide ". (Le monde littéraire). " (François Berger, Présent, 17 juin 1994).

 

 

 

 

   * Renaud DUTREIL : " Etre vraiment à droite, c'est être rebelle ! C'est pourquoi les grands écrivains sont de droite. Céline, par exemple, est plus rebelle qu'Aragon, dont le communisme est terriblement conformiste, alors que Céline est un Prométhée révolté par l'ordre des choses.
 (Ministre de la Fonction publique. BC de nov.2004).
 

 

 

 


 

 * Frédéric EMPAYTAZ (maire de Bezons, 1940-1942) : " Avec l'appui d'un historien bezonnais, David Alliot a effectué un remarquable travail de recherche dans les archives de la ville, auprès des témoins survivants et même des disparus puisqu'il a retrouvé le journal inédit de Frédéric EMPAYTAZ qui fut, de 1940 à 1942, le maire de Bezons désigné par l'Etat français.

  On découvre un Céline se démenant pour procurer de la nourriture aux enfants de Bezons, intriguant pour obtenir un poste de préfet pour ledit EMPAYTAZ et fournissant des certificats de complaisance aux jeunes Bezonnais qui souhaitaient échapper au STO. On sait qu'à Paris Céline fit la même chose pour Pierre Duverger. "
  (B.C. n°297, mai 2008).   

 


 

 

 

 * Luc FERRY (ancien ministre de la Jeunesse, de l'Education Nationale et de la Recherche des premier et deuxième gouvernements de Jean-Pierre Raffarin) : " Le problème n'est pas de savoir si l'on doit célébrer Céline, le problème c'est de savoir si c'est au ministre de la Culture de s'en occuper.

 Et bien moi, je réponds non : le ministre de la Culture et Nicolas Sarkozy seraient bien avisés de retirer cet agenda qui est parfaitement imbécile ! "
 (BC n°328, mars 2011).

 

 

 

 

* Antoinette FOUQUE (parlementaire européenne): " Il ne faudrait pas en arriver à interdire Sade ou Céline. " (Le Libre Journal, 18 oct. 1994).

 

 

 

 

 

 * Charles de GAULLE (1890-1970, général, écrivain, homme d'Etat, Pdt de la République de 1958 à 1969) : " Charles - Charlot - Gaugaule - Grand Malagaule - Magaule - van de Walle - Charles XI - Charles Quint - Le Grand Quinquin - Le petit Tintin "... De Gaulle, à Londres devient un des thèmes favoris du dénigrement célinien... Lorsque Céline affirme que le " petit Tintin, condamné à mort, pour sauver honneur et sa peau a sauté dans l'avion pour Lourdes... ", il inverse la chronologie : le général a quitté Bordeaux le 17 juin 1940, et a été condamné à mort par contumace par le Tribunal militaire à Clermont-Ferrand le 2 août.

 Céline écrira l'estime qu'il porte au chef du RPF en 1948 à Marie Canavaggia : " Un don Quichotte qui a peur des moulins. "
  (
Bibliographie, Céline 2 à 3, dictionnaire des personnages, Gaël Richard).

 

 

 

 

 * Paul GIACOBBI (député PRG, président du Conseil exécutif de Corse) : " Parce qu'il est un homme de culture et un homme courageux, Frédéric Mitterrand aurait du défendre cette célébration malgré la difficulté qu'il y aurait eu à expliquer les choses. Il a préféré la facilité, l'esquive, la lâcheté. On me dira que ce n'est pas grave, que rien n'empêche de lire les livres non censurés de Céline, de se contenter de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit, qu'il est plus tellement plus simple d'occulter, de faire le Tartuffe en voulant cacher ce que l'on ne saurait voir. C'est hélas par la multiplication de ces renoncements, de ces lâchetés qu'un peuple perd sa culture. La France de la censure, de la lâcheté a marqué un point, celle du courage, des batailles culturelles, de la liberté et de l'intelligence a reculé.

   Dans le seul entretien télévisé que je connaisse de Céline, on le voit et on l'entend répondre à tous ceux qui l'attaquent que " ces gens sont lourds... ", le mot revient pendant plusieurs minutes lumineuses et souriantes où le génie transparaît avec plus d'évidence encore que dans ses livres, avec son humour, sa légèreté, cette agilité féline qui nous fait entrevoir pourquoi le vieillard de Meudon adorait tellement ses chats. Wyatt Mason concluait son article en soulignant que Céline était avant tout un humoriste. Je mets d'ailleurs au défi quiconque de lire sans éclater de rire certains morceaux d'anthologie de Céline comme la description désopilante de l'ascension du ballon aérostatique dans " Mort à crédit " qui s'appelle " Le zélé " et dont l'auteur remarque qu'il ne dépassait guère le niveau du premier étage des maisons... La France fut, au temps lointain de sa grandeur, la terre d'élection d'une certaine légèreté spirituelle, elle devient lourde, pesante à mesure qu'elle se rapetisse et se traîne au niveau de la boue. "
  (Céline dévoilé, lemonde.fr , 27 janvier 2011).     

 


 

 

 

 * Françoise GIROUD (de son vrai nom Lea France Gourdji, 1916-2003, journaliste et femme politique, secrétaire d'Etat chargée de la Condition féminine sous Giscard d'Estaing) :

  " L'honorable Françoise GIROUD le juge " ignoble et souverain " : " Il était beau, il fut aussi un grand écrivain avant de jeter sa bave antijuive. "
  (Le Nouvel Observateur, 29 janvier-4 février 1998, dans l'Année Céline 1998).     

 

 

 

 

   * Valéry GISCARD D'ESTAING : " Je commence à écrire ce livre le dernier jour de l'année, le 31 décembre 2004. Louis-Ferdinand Céline avait ouvert le récit de ses souvenirs par une jolie formule : - je suis né le 21 mars : le printemps c'était moi ! - "
 (Dernier volume des mémoires de Valéry Giscard d'Estaing).

 

 

 


 

* Edouard HERRIOT (Pilier de la IIIe République dont il exerça tous les mandats et les plus hautes responsabilités, 1872-1957, membre de l'Académie française) : " Charles Deshayes, journaliste lyonnais mit Céline en rapport avec le Président de l'Assemblée Nationale fin juillet 1947. Le 3 octobre, l'exilé adressa, sans illusion " son mémoire en défense " au Maire de Lyon qui lui répondit poliment sans s'engager.

   En 1932, il avait sollicité, par l'intermédiaire de Paul-Yves Rio une dédicace de Céline pour lequel il aurait eu un coup de foudre après la lecture de  Voyage au bout de la nuit : - " Honneur, gloire, saucisson de Lyon et trompette à la Grosse, Sympathiquement. "
  (Dictionnaire des personnages, Gaël Richard, 2009).

 

 

 

 

 * François HOLLANDE (député, premier secrétaire du Parti socialiste, devenu Pdt de la République en 2012) : " En avril eut lieu, à la Mutualité, une commémoration du 1 500 ème anniversaire du baptême de Clovis. Certaine presse s'est indignée que, dans un des stands, un exemplaire de Bagatelles pour un massacre était " librement " mis en vente. Le porte-parole du Parti socialiste, François HOLLANDE, a fait chorus. Faut-il rappeler que la vente des livres non-réédités de Céline n'est nullement interdite.

 La loi de 1972 condamnant le racisme n'étant pas rétroactive, il est donc tout à fait licite de proposer en vente Bagatelles, L'Ecole des cadavres ou Les beaux draps. Sur les quais de Paris ou ailleurs. Ne nous lassons pas de répéter que seule la vente des rééditions non autorisées est interdite (par l'ayant droit). "
 (BC n° 165, juin 1996
).

 

 

 

 

 

 * Joseph JOANOVICI (ferrailleur d'origine juive, fournisseur de métal aux autorités allemandes comme à la Résistance française et possible agent du Komintern soviétique, 1905-1965) : " Monsieur Joseph " après avoir évacué son stock de Saint-Ouen à La Rochelle, revint à Paris faire des affaires avec l'occupant. Il intervint parfois en faveur de résistants internés, alimentant en armes et argent le réseau " Honneur de la police ", jouant un double jeu qui lui garantit un temps des protections à la Libération. Menacé d'arrestation, il s'enfuit à l'étranger, mais se rendit en novembre 1947 à la P.J. Condamné en 1949 pour collaboration économique à cinq ans de prison, 60 000 francs d'amende et à la saisie de ses biens à hauteur de 50 millions de francs, il vécut assigné à résidence à Mende (Lozère) à partir de 1951 où il se constitua par ses escroqueries une nouvelle fortune.

  Enfui en Israël en octobre 1957, il fut extradé en janvier 1959 et écroué aux Baumettes à Marseille. Céline lui compare Néraud, négociant et ami proche de Laval. " Louis XIV devant JOANOVICE n'aurait pas pesé un demi-liard ! "
 (Gaël Richard, Dictionnaire des personnages, Du Lérot 2008).

 

 

 

 

 

 * Alain JUPPE : "... La nuit, c'est la vie. Et c'est bien jusqu'au bout de la nuit que mène la vie, jusqu'à la démission devant l'absurdité, jusqu'au désespoir devant la lâcheté. (...) Pourtant, le cri farouche, insoutenable qu'il pousse - et dans quelle langue ! âpre, mordante, réaliste jusqu'à choquer - il est sincère et nécessaire.

      Il ne faut pas croire au meilleur des mondes, mais plutôt à un incroyable égoïsme, constater l'indicible faillite de toutes les valeurs et se débarrasser de cette bonne conscience qui nous engourdit... "
  (Voyage lu par Alain JUPPE, Le Grelot 30 avril 1962).

 

 


 

 

* Anne KLING (haut fonctionnaire, politique identitaire, auteur de " La France Licratisée ") : " Comme on pouvait s'en douter, le " ministre " de la culture s'est couché de tout son long devant les injonctions crifiennes et klarsfeldiennes réunies. Mais c'est bien, très bien, même Céline s'en remettra sans peine et y trouvera même vraisemblablement de nouveaux lecteurs, qui n'étaient pas très au courant mais vont à présent s'y intéresser de plus près. Et puis, on en arrive tellement au stade de la caricature dans les exigences formulées et les empressements serviles à y répondre qu'il faut ça pour dessiller certains yeux.

 Tenez, prenez juste ces deux commentaires-là, à la suite d'un article du Monde. Ils résument assez bien la tonalité générale: - " Remercions tout de même Frédéric Mitterrand, ridicule histrion qui tient plus du mauvais théâtre de boulevard que du gouvernement français, pour une chose : je suis sûr qu'il aura donné envie à plus d'un de ressortir Céline de leur bibliothèque. - " Ce qui m'impressionne, c'est le pouvoir de Mr Klarsfeld. Il suffit que le Monde relaye ses états d'âmes et tout le monde s'agenouille, que dis-je, se couche. J'espère qu'il va bientôt être fâché par le comportement d'Israël envers les Palestiniens. Peut-être cela changera-t-il quelque chose. "
 (Continuez, continuez, les amis, france-licratisee.hautefort.com, 22 janvier 2011).

 

 

 

 

* Pierre LABRIC (1891-1972,maire de la Commune libre de Montmartre de 1929 à 1972) : " Ami montmartrois de Céline, acteur de cinéma et cascadeur, il se fit connaître par deux exploits peu communs : la descente de Montmartre en vélo par les escaliers de la rue Foyatier, puis celle, en 1923, des 347 marches du premier étage de la Tour Eiffel, toujours sur sa bicyclette.

  Il donna une renommée internationale à Montmartre et fut reçu par le maire de New-York, en jumelage avec Greenwich Village. Il fonda bien des fêtes folkloriques de la Butte : la course des garçons de café, le bal des Catherinettes, le dîner des milliardaires et la célèbre fête des vendanges, en 1934. Dans la version B de Féerie, Céline croise son " bon pote " qui déboule de la rue Norvins pour s'acheter du tabac chez Manière. Il l'y accompagne avec Tourbillon, Empième, Max, au péril de sa vie, la foule les pressant pour avoir du tabac. "
  (Gaël Richard, Dictionnaire des personnages, Du Lérot 2008).

 

 

 

 

 

 * Jack LANG : " Jack LANG voulait faire classer la maison ( où sa veuve vit toujours ) en tant que lieu de mémoire, mais Christian Sautter, alors préfet d'Ile-de-France, s'y opposa à la suite de diverses pressions.

    On ne s'étonnera donc pas d'apprendre qu'en 1994 le centenaire de la naissance de Céline ne figura pas dans le catalogue des célébrations nationales.
  (Actualité, Histoire littéraire, 24 février 2007).

 

 


 

 

* Pierre LAVAL (Homme politique, Président du Conseil sous la IIIe République, partisan de la Collaboration d'Etat avec l'Allemagne, 1883-1945, fusillé le 15 oct. 1945) : " Un après-midi, LAVAL le convoqua. Pendant deux heures Céline dut écouter l'ancien président du Conseil qui tentait de justifier sa politique. La plaidoirie que LAVAL ne prononça pas devant la Haute Cour, lors de son procès, il la fit, dans un décor outrageusement romantique, en présence du seul Louis-Ferdinand.

     Tapi sur son siège, à la fois grognon et à l'affût du moindre trait, il le laissa achever, puis s'écria: - " C'est bien joli tout ce que vous me racontez, mais qu'est-ce que vous me nommez ? / - Gouverneur de St Pierre-et-Miquelon, répondit LAVAL ".
  (G. Hanoteau, Paris-Match, samedi 22 juin 1957).

 

 

 

 

 

* François LEOTARD: " Voilà un excellent travail qui contribue de manière utile à la préservation de la mémoire de ce très grand écrivain. "
 
(Lettre du Ministre de la Culture à Mr Laudelout, juillet 1986).

 

 

 

 

 

 

   * Jean-Marie Le PEN: " Vous savez que Céline, que je suis allé voir plusieurs fois à Meudon, que j'ai connu râleur et vieux bougon, est mort en murmurant ces mots : " Ils sont lourds, ah ! qu'ils sont lourds ! " Je suis comme lui, j'aime une certaine légèreté. " 
  (Télérama, 15 mars 1995).

 

 

 

 

* Marine Le PEN (avocate, présidente du Front national) :

Le Point : L'écrivain Céline a été retiré de la liste des célébrations nationales de 2011. Regrettez-vous cette décision ?

Marine Le Pen : Elle est absurde ! J'attends maintenant qu'on interdise ses livres à la vente. Nul n'ignore les écrits antisémites de Céline, mais nul n'ignore non plus qu'il est un des plus grands écrivains français. En prenant cette décision, Frédéric Mitterrand, ministre de la République, se soumet à une exigence communautaire. Retirer Céline de cette liste est la négation même du patrimoine littéraire français. Nous aurions pu profiter de ces commémorations pour lancer, justement, un débat sur la distinction entre un auteur et son œuvre. Plus jeune, j'étais au lycée Florent-Schmitt, qui a été débaptisé car on l'a suspecté d'avoir eu des accointances avec les nazis. Le lycée a été rebaptisé Alexandre-Dumas... Dans notre histoire, il y a des choses glorieuses et d'autres qui le sont moins, certes, mais je trouve appauvrissant cet inventaire perpétuel au titre de la bien-pensance.

Dans le préambule de cette liste de célébrations, il est question des valeurs de la République. Céline, par ses écrits, s'en est écarté...

Ce préambule est débile. On ne commémore pas des écrivains parce qu'ils incarnent les valeurs de la France, mais parce qu'ils incarnent le génie de la France.

Serge Klarsfeld est à l'origine de ce retrait. Pensez-vous, comme Alain Finkielkraut, que cela risque d'accréditer l'idée qu'un " lobby juif fait la pluie et le beau temps " ?

Je n'irai pas jusque-là, mais cela accrédite l'idée qu'il y a, en France, des associations qui ont un pouvoir excessif sur les choix et les orientations des ministres. En tant que républicaine, je ne me rendrai jamais, par exemple, au dîner du CRIF. Un gouvernement qui se rend à un dîner communautaire - pour recevoir au passage des leçons de politique étrangère -, cela me choque énormément. Les politiques cèdent à cette tendance par pur clientélisme.
 (Interview au Point, du 03 février 2011).

 

 

 

 

 * Sylvie MALLET (Maire de Dinard) : " Dinard s'apprête à accueillir le 18ème colloque international Louis-Ferdinand Céline. Avant nous, dix-sept villes, parmi les plus illustres, Paris, Amsterdam, Budapest, Prague, ont partagé cet avantage. La Bretagne, Rennes et Saint-Malo en particulier ont tenu une place importante dans la vie de l'écrivain. Un sondage du Figaro, au mois de mai dernier, a salué Céline, comme le géant de la littérature du XX ème siècle. Quelques académies ont programmé son œuvre au menu du baccalauréat de français. De fréquentes et talentueuses lectures, dans les meilleurs théâtres de France, livrent la sauvagerie, l'humour, la douceur ou la modernité de cet " écrivain maudit ".

  Un instant, on se prend à penser que les esprits s'apaiseraient, que Céline même considéré comme le plus grand des salopards serait unanimement reconnu comme l'immense auteur d'une œuvre qui a bouleversé la littérature contemporaine. Mais c'est trop attendre de la nature humaine. Il y a les résistances de tous bords qui jouent les censures morales, qui prônent l'intolérance au nom de la tolérance, qui n'ont pas le cœur assez grand pour voir le monde en noir et blanc.

   " Dieu qu'ils sont lourds " disait Céline dans ses états de lucidité qui hélas ne le quittaient guère. La lucidité était sa blessure. Nul ne peut juger son œuvre avec objectivité, elle ne change pas les idées, elle les bouleverse et si Céline provoque toujours un tel tapage c'est qu'il reste solitaire dans sa vérité. " Le monde, disait-il encore, est une vaste entreprise à emmerder le monde. "
  (Pays Malouin, 1er juillet 2010)
.

 

 

 

 * Jean-Gilles MALLIARAKIS : " Les attentats terroristes contre la mémoire de Louis-Ferdinand Céline sont étroitement liés à la déliquescence bourgeoise. La gauche veut récupérer Céline pour en faire une sorte de grand frère de Boris Vian : un petit frisson pour pas cher.

     Le monde capitaliste avancé appelait cela, autrefois, le supplément d'âme. Mais cela suppose une mutilation de son message, à laquelle certains droitiers se complaisent de coopérer. "
  (Troisième voie n°3, 1988).

 

 

 

 

 * André MALRAUX (1901-1976, écrivain, aventurier, homme politique, ministre de la Culture de De Gaulle de 1959 à 1969) : " Mauriac, le jésuite, MALRAUX , l'écrivain chéri de De Gaulle - tous paranoïaques à lier - mais pourris d'idées générales, de vastes concepts, de remèdes pour le genre humain."
  (
Magazine Littéraire, février 1969).

 * Je vois que MALRAUX est ministre. C'est un méchant bougre. Avec un petit talent journalistique d'ailleurs assez cafouilleux et gauche il a fait les Conquérants qui étaient bien réussis - depuis peau de lapin - que des ratés - mais quelle presse et quel cabotinage - et quel impérieux pitre ! en colonel, en explorateur, en Penseur - maintenant en ministre ! Ajalbert l'a vu dans un autre personnage, en voleur avec menottes entre deux gendarmes à Saïgon, où il était appréhendé " pour vol dans les pagodes. "
   (Lettre à Marie Canavaggia).

* " Céline avait à dire des choses importantes. Il les a dites dans le Voyage... Après, il n'avait plus rien à dire. Il a recommencé. Mais l'expérience humaine qui faisait la base solide du Voyage relève de l'intensité particulière de la névrose. Ce qui s'est maintenu, ce sont les moyens. Même dans les derniers romans, les moyens sont encore énormes. On a alors l'impression d'un Rabelais qui n'aurait rien à dire mais qui aurait toujours à sa disposition ces cascades d'adjectifs extraordinaires.

 Le personnage de Céline après le Voyage au bout de la nuit est quelque chose à mi-chemin entre le talent d'expression d'un artiste extraordinairement doué et la verve d'un chauffeur de taxi. "
  (Frédéric Grover, Six entretiens avec André Malraux, 1978, dans Spécial Céline n°8, E. Mazet).

 

 

 

 

 * Charles MAURRAS (1868-1952, journaliste, essayiste, poète et homme politique, chef de file de l'Action Française) : " Il reprend les choses de César. (...) Ni Berlin ! Ni Moscou ! Il est très fier de cet adage. Il y tient comme à ses prunelles. Ca vous prend un petit air catégorique... Un petit air seulement... Il ne dit pas notre pétrarquiste la moitié des choses... (...) Peut-on réconcilier l'Europe ? L'unir pour l'amour du latin ? Tout est là.

   Je ne crois pas. Il faut des raisons plus solides, des raisons de force, d'armées, de foi nouvelle, de race pour unir. Le latinisme est un lien lycéen, un lien de narcissisme académique, de mutuelle admiration pour brillants lauréats du Concours général. "
  (
L'école des cadavres, page 252).

 


 

 

 

* René MAYER (radical-socialiste, ministre de la justice 1895-1972) : " Monsieur le Ministre, / J'ai pris la liberté de vous écrire parce que j'essaie de faire comprendre à la justice française que je ne suis ni un traître, ni un antisémite (bouffeur d'israélites) ni vendu, ni vendable, mais simplement un Français pacifiste, patriote, folkloriste, ex-partisan des Etats-Unis d'Europe... (...) Vous aurez peut-être l'amabilité de la parcourir mon dossier, Monsieur le Ministre, vous verrez si ils sont tirés par les cheveux mes crimes.

  Ah, on m'en a communiqué la liste ici, en cellule, j'ai eu la honte d'avoir à réfuter toutes ces abominables divagations devant une police étrangère. Epaulée du reste par le Ministre de France à Copenhague, un dénommé Charbonnière, mulâtre et vichyssois, qui espérait bien m'envoyer à Montrouge et passer ainsi résistant. Quel guignol - et Grand Guignol. / Je suis obligé de moucher périodiquement L'Humanité en rappelant à ces chiens que le Voyage au bout de la nuit à été traduit sur ordre des Soviets par Aragon et Triolet, ça les fait taire. (...) / En vous assurant, toutefois, de mon parfait patriotisme et de ma très haute considération. / L. F. Céline. "
   (Lettre 26 novembre 1949, Lettres Pléiade 2010).

 


 

 

 

 * Danièle MITTERRAND (1924-2011, épouse de F. Mitterrand, président de la République) : " J'ai continué ma carrière en photographiant les grands de ce monde, de Gaulle, Pompidou, Chet Baker, Malraux, Brigitte Bardot, etc. Dans les années 1980, une amie de Danièle MITTERRAND a organisé une grande rétrospective de mon travail dans une galerie parisienne.

  Au moment d'exposer les photographies, elle me précise : " Luc, tu comprends, évite les clichés à problèmes, je ne veux pas de scandale au vernissage. " Un peu gêné, je lui dis : " Bon d'accord, je vais enlever les photographies de Céline. " Surprise, elle me répond : " Céline ? oh non, tu peux le laisser. "
 (Luc Fournol, photographe, D'un Céline l'autre, D. Alliot, R. Laffont, Bouquins, p.972).

 

 

 

 

 

* François MITTERRAND (1916-1996, homme d'Etat français, Pdt de la République de 1981 à 1995) : " Lui aussi. - Les bouquinistes des quais de la Seine rapportent qu'à l'automne dernier, François MITTERRAND recherchait les " pamphlets " de Céline.

  On peut espérer qu'il n'a pas rencontré des militants du M.R.A.P. qui, sous la férule de leur dirigeant Mouloud Aounit, militent, constat d'huissier à l'appui, pour que ces textes maudits ne soient plus exposés sur les quais. "
  (BC, mars 1996)

 

 

 

 

* Frédéric MITTERRAND (ministre actuel de la Culture) : " Frédéric MITTERRAND ayant dans Télépoche (8 août 1992) tenté de salir Arletty, la présentant notamment comme ayant fait partie de " cette droite extrême qui collabora honteusement avec les nazis " (!), s'est attiré ce droit de réponse publié intégralement le 31 août : - "... Arletty n'a jamais appartenu à une quelconque idéologie, que ce soit avant, pendant ou après l'Occupation. Seuls les êtres la retenaient, pas leurs opinions politiques.

   Avoir été l'amie et l'inspiratrice de Céline n'a pas fait d'elle une femme d' " extrême droite ", pas plus qu'avoir été l'ami et l'inspiratrice de Prévert n'a fait d'elle une femme d' " extrême gauche ". Irréductible, inclassable, irrécupérable, n'appartenant à personne et ne suivant que son cœur, Arletty est demeurée indépendante et libre (...) refusant aux gouvernements de la Ve République, de " droite " comme de " gauche ", la Légion d'honneur qu'ils lui ont successivement proposée. "  Pour les ayants droit : Madame Paul Bathiat. Pour les amis et proches : Monsieur Alain Bourla. "
  (B.C. n° 122, p.3).

 

 

 

 

 * Jean MOULIN (haut fonctionnaire, préfet d'Eure-et-Loir, héros de la Résistance, 1899-1943) : " On ignore encore si ce fut avant guerre ou pendant l'Occupation qu'eut lieu la rencontre - surréaliste s'il en fut - entre Max Jacob, Jean MOULIN et Céline chez le docteur Tuset. On en connaît la teneur par un extrait de lettre envoyée par Max Jacob à son amie Camille Armel : " C'est le salon de mon ami docteur... il y fait chaud, je suis bien parmi les visages intelligents. A ce moment la porte s'ouvre et Jean Moulin entre... Il n'était pas là depuis cinq minutes que l'on introduisait le docteur Destouches, c'est-à-dire Céline lui-même. Notre hôte savait que Céline et moi avions des idées opposées auxquelles nous tenions farouchement, et Jean Moulin avait les siennes, et il eut un drôle de sourire... vaguement inquiet... Cependant, rien ne se produisit. Céline et Jean Moulin étaient intelligents : oh ! combien... moi, un peu... et du choc des idées ne jaillit qu'une lumière douce. Nous avons parlé magie, prémonition, graphologie... moi, je crois au langage des mains, Céline était à peu près de mon avis et Jean Moulin m'approuvait. "
 (E. Mazet et P. Pécastaing, Images d'exil, Du Lérot, 2004, p.256).


 

 

 

* Charles PASQUA (député, sénateur des Hauts-de-Seine, ministre de l'intérieur RPR) : " Le Médecin de Meudon : tout le début du chapitre (chapitre X ) est consacré à Céline. Iconographie : photos de Céline à Meudon, de sa maison, de Bébert, de Marcel Aymé et d'Antoine Blondin, ainsi que la reproduction de la signature de Céline et de son acte de naissance.

   Dans sa préface, Charles PASQUA évoque Céline : " imprécateur génial de la banlieue, " paillasson devant la ville. "
 (Philippe Barthelet, Les Ecrivains et les Hauts-de-Seine, L'Année Céline 1995).

 

 

 

 

 

 * Philippe PETAIN (Henri, Philippe, Benoni, Omer, Joseph, 1856-1951, militaire, vainqueur de Verdun, diplomate, homme d'Etat du 17 mai 1940 au 20 août 1944) : " Le Maréchal Bedain... Monsieur le Maréchal PETAIN, ce n'est pas aux deux quarterons de quadragénaires artérieux combattants, fléchis, perclus, éclopés rhumatoïdes, émergés par miracle de nos sempiternels charniers franco-allemands qu'il faut maintenant stentoriser vos trop bouleversants Gardes à vous ! "
  (
L'école des cadavres, p.216).

 * Ou bien alors... " ...on pourra dire tout ce qu'on voudra, je peux en parler à mon aise puisqu'il me détestait, PETAIN fut notre dernier roi de France. " Philippe le Dernier " ... la stature, la majesté, tout !... et il y croyait !... d'abord comme vainqueur de Verdun... puis à soixante-dix ans et mèche promu Souverain. "
   (
D'un château l'autre, Gallimard, 1957,p.137).

 * " Le maréchal PETAIN, qui n'aimait pas Céline, refusera de le saluer tout le temps de leur séjour commun à Sigmaringen. En novembre 1944, quand le docteur Ménétrel, médecin personnel du Maréchal, sera écarté par les Allemands, le nom de Céline est proposé pour le remplacer. Informé, le Maréchal aurait répondu : " Eh bien je préfère mourir ! ".
 (D'un Céline l'autre, David Alliot, Robert Laffont, Bouquins, 2011, p.81).

 


 

 

 

* Pierre POUJADE: Fondateur de l'Union de défense des commerçants et artisans (UDCA) en 1953, le mouvement poujadiste atteint son apogée en 1956 lors des élections législatives. Sa critique virulente de Pierre Mendès-France, mêlée d'antisémitisme, lui valut de la part de l'Express le surnom de Poujadolf.

    Céline ironise : " - je ne suis pas le genre POUJADE , je découvre pas les catastrophes 25 ans après, que tout est fini, rasibus, momies !... " (Bibliographie, AC, 2004, dans Dictionnaire des personnages, 2009).

 

 


 

 

* Paul RASSINIER (pacifiste, militant communiste, puis socialiste, prisonnier à Buchenwald et Dora-Mittelbau, auteur du Mensonge d'Ulysse, 1906-1967) : " Lettre à en-tête, Dr L.-F. Destouches, 25 ter Route des Gardes, Meudon (S. & O.) / Oui certainement cher ami et très flatté mais je compte bien sur vous pour éjecter de ce comité (1), hystérique, arrivistes et plus simplement bourriques. / Ils sont inévitables, je le sais et vous le savez, et tout bourrés de cent propositions louches. / Le Musée (2) ne peut pas faire de mal, mais les publications ? (3) attention ! / La hantise des agités et des poulets, des veuves abusives et troufignoleurs d'obsèques... et faussaires ! vous connaissez l'espèce ! (4) / A vous bien amicalement.
 
 1. Comité fondateur de l'Association des Amis d'Albert Paraz. - 2. L'association prévoyait la création d'un Musée Albert Paraz à Vence. - 3. Publications des manuscrits posthumes, en 1958 l'association publia Le Menuet du haricot. - 4. Allusion aux recherches historiques de Rassinier sur la seconde guerre mondiale, et, plus particulièrement, sur la question des " chambres à gaz ". " BC n°7, mars 1983).

 * " Je suis mal placé pour en parler étant donné que je suis à fond, à 150 % pour lui. D'une manière générale, je déteste le procès politique qui ne signifie rien : on condamne des hommes comme traîtres à la Patrie et on les hisse sur un piédestal parce qu'ils trahissent l'humanité... Ces choses me dépassent. Mon opinion est
 1° Que le procès que l'on fait à Céline est une saloperie.
 2° Que le sort qui lui est fait est inhumain.
 3° Que les deux choses servent des intérêts de classe, notamment les gens qui le frustrent de ses droits d'auteur, et l'Etat français qui lui a supprimé sa pension après avoir confisqué ses livres.
 4° Que c'est le procès des bénéficiaires de l'opération qu'il faut faire. "
 (Réponse à une enquête sur le " procès Céline " organisée par Maurice Lemaître et lancée par Le Libertaire, numéros du 13 et du 20 janvier 1950, dans C'est un Rêve n° 9/10 Spécial Céline).

 

 

 

 

 

* Gilbert Renault dit le Colonel RÉMY (1904-1984, Patron du Mouvement de Résistance en zone occupée) : " Sachant qu'Henri Mahé, (peintre, auteur de La Brinquebale avec Céline) , était sensible à l'alcool, Céline le soûlait, puis s'appliquait à le mettre en fureur, et notait soigneusement les mots que sa colère lui faisait prononcer, issus d'un vocabulaire parfaitement inédit, pour s'en attribuer l'invention dans ses manuscrits à venir. En effet, quand Henri Mahé ne trouvait pas le terme qu'il fallait, il l'imaginait de toutes pièces, d'une façon si sûre qu'on comprenait ce qu'il voulait dire. "
  (Témoignage confié à Eric Mazet, BC n° 25, septembre 1984).

 * " Je suis content que vous ayez vu Céline. Vous connaissez mon opinion sur le sort qui lui est fait alors que tant et tant de petits saligauds ou de petits opportunistes se promènent en liberté ou tiennent même le haut du pavé. Il est des cas où l'injustice honore ceux qui en souffrent, si d'autres en profitent. "
 (Lettre à Mahé, le 24 juillet 1949).

 

 


 

 

* Nicolas SARKOZY : " La lecture m'offre mes seules plages de calme. Tenez voilà un homme qui n'était qu'un médiocre médecin de banlieue. Un jour, il écrit Voyage au bout de la nuit. Quatre (sic) éditeurs refusent son manuscrit, un cinquième l'accepte. Le voilà devenir autre chose. Cela me fascine ! Cette action qui consiste à donner plus, ce ressort qui vous pousse à vous surpasser, à aller plus loin, à créer et agir par passion. Tout est là ! "
  (L'Officiel homme, septembre 1996).

  * " Ma bible, c'est Céline. Quand j'ai un peu de temps libre, c'est surtout Céline, mon écrivain préféré, que je lis ou relis. Je possède ses œuvres complètes dans la Pléiade. Souvent elles m'accompagnent dans mes déplacements lointains. "
  (
Le Figaro magazine, juin 2006).

 * " Mais le président, à qui ses collaborateurs ont offert un autographe de l'écrivain pour son 53e anniversaire, en janvier 2008, ne se contente pas de célébrer les mérites du trop fameux Voyage. Plus audacieux, il lui est arrivé de confesser son penchant pour Nord, un roman paru en 1960 et considéré par les céliniens comme le sommet de l'œuvre avec D'un château l'autre.

  Un penchant politiquement très incorrect, car, entre Voyage et Nord, Céline a signé des pamphlets antisémites (dont Bagatelles pour un massacre) et s'est réfugié dans l'Allemagne nazie à la fin de la guerre. Et Nord contient nombre de passages où affleure, sous une plume géniale, un racisme à peine voilé. "
  (Jérôme Dupuis, L'Express.fr, 18 juin 2009).

 

 

 

 

* Christian SAUTTER (membre du parti socialiste, secrétaire général adjoint de l'Elysée en 1982, nommé Préfet de l'Ile-de-France et de Paris en 1990) : " (...) Pour être effective, la mesure doit être signée par le Préfet d'Ile-de-France, Christian SAUTTER, lequel ne compte pas spécialement parmi les céliniens frénétiques. Saisi par des représentants de la communauté juive et des associations de résistants qui s'estiment outragés, SAUTTER, début avril, les apaise en leur faisant clairement savoir sa totale objection de conscience. Il leur écrit : " Marqué par la lecture de Bagatelles pour un massacre - le grand pamphlet antisémite de Céline - je puis vous assurer que j'exclus d'apposer ma signature au bas d'un tel texte. " Offensif, SAUTTER évoque même " les valeurs éternelles de la Résistance, qui ont été bafouées par des hommes tels que Céline. "

  On devine ici l'embarras du vice-Premier ministre, Jack Lang, chargé de la Culture, de l'Education, de la Communication et de la gloire tontonesque, d'abord favorable à l'inscription. Contré par un fonctionnaire, Jumping Jack n'est naturellement pas sans ressources : légalement, il peut seul décider d'un " classement " pur et simple de la maison. Le pavillon de Céline monument historique ? Un peu délicat. A l'affrontement, Lang préfère bientôt la retraite, façon réforme Jospin. Depuis peu, ses conseillers multiplient les coups de fil aux associations de protestataires sur le mode : " Rien ne sera décidé à propos de la maison de Céline. Oublions tout, évitons les malentendus. " C'est aussi une méthode de gouvernement. Mais pour onze mois seulement. "
  (La maison de Céline / D'un classement l'autre, Le Canard enchaîné, 6 mai 1992).

 

 

 

 

 * Robert SPIELER (alsacien, ancien député, Délégué général de la Nouvelle Droite Populaire) : " Il y a 50 ans disparaissait Louis-Ferdinand Céline, le plus grand écrivain du XXe siècle. Son nom figure, ou plutôt figurait, dans le recueil des célébrations nationales 2011 édité par le ministère de la Culture. Fureur, glapissements, hystérie... Serge Klarsfeld, président de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France exige de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, " le retrait immédiat de ce recueil et la suppression dans celui qui le remplacera des pages consacrées à Céline ". Céline est en effet non seulement l'auteur du Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit, mais aussi de pamphlets antisémites  tels Bagatelles pour un massacre et l'Ecole des cadavres. Klarsfeld menace. " S'il ne désavoue pas la décision de le faire figurer dans les célébrations nationales, nous attendrons que le Premier ministre et le Président de la République prennent position. Notre réaction va être dure ". Et Klarsfeld de rappeler que la Licra et lui-même avait déjà fait plier François Mitterrand qui faisait déposer une gerbe de fleurs sur la tombe du Maréchal Pétain, tous les 11 novembre, honorant par ce geste le héros de Verdun. Mitterrand finira par y renoncer en 1993.

  Même Philippe Sollers, écrivain de gauche, est scandalisé de cette insupportable arrogance. Voila ce qu'il déclare : " Il est insensé qu'un citoyen (Serge Klarsfeld) demande au Président de la République de retirer un auteur de l'importance de Céline (...) " Et de rajouter : " C'est une façon de jouer avec le feu extrêmement dangereuse ". On ne le lui fait pas dire. A propos d'antisémites, une petite offrande à Serge Klarsfeld. Non, pas un extrait de Céline, mais celui d'une haute figure de la République socialiste et franc-maçonne, Jean Jaurès, qui déclarait le 1er mai 1895, à La Dépêche de Toulouse : " Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c'est que par l'usure, par l'infatigable activité commerciale et par l'abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique (...) ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n'ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus ". Alors, Jean Jaurès bientôt à la trappe, comme Céline ? "
  (L'insupportable police de la pensée a encore frappé, blog de la nouvelle droite populaire, 24 janvier 2011)          

 

 

 

 * Pierre VIAL (homme politique d'extrême-droite et universitaire) : " Le Voyage est aujourd'hui dans la Pléiade. C'était l'une des dernières attentes de Céline, à la fin de sa vie. L'écrivain maudit avait le souci de voir consacrée par la prestigieuse collection une œuvre dont il n'avait jamais douté qu'elle marquerait d'une empreinte ineffaçable, l'histoire de la littérature. " (National Hebdo, 19-25 oct. 1995).

 

 

 

 

 

 * Dominique de VILLEPIN (homme politique, diplomate et écrivain, premier ministre de J. Chirac) : " Céline a de nouveau battu des records aux enchères cette année. Après la vente d'un exemplaire d'exception de Voyage au bout de la nuit à plus de 160 000 € en octobre dernier, la côte de Céline reste décidément toujours au plus haut et continue d'attirer collectionneurs, marchands et spéculateurs.

Tout droit sorties de la bibliothèque de Dominique de VILLEPIN, ancien premier ministre, plusieurs pièces céliniennes se sont vendues le 28 novembre à Paris : « Cette première journée de la vente de la bibliothèque de l'ancien Premier ministre a vu les enchères s'enflammer, dans une ambiance plutôt feutrée, la majorité des enchérisseurs suivant la vente par téléphone ou à distance. Parmi les lots qui ont fait sensation, l'un des très rares exemplaires de la thèse de médecine de Louis-Ferdinand Céline, dédicacée à Lucien Descaves (juré Goncourt à qui le romancier a dédié Mort à crédit) s'est envolée à 42 000 euros, soit le double de son estimation.

   Plus fort encore, une carte postale envoyée par le même Céline du Front, en 1914, à ses parents, est montée jusqu'à 13 000 euros. Et l'exemplaire de La Condition humaine que Malraux a dédicacé à Céline a atteint la somme faramineuse de 46 000 euros... Apparemment, les céliniens étaient au rendez-vous. [...] ».
  (Jérôme DUPUIS,
L'Express, 28 novembre 2013).